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dimanche 14 janvier 2018

AIMER- THOMAS MERTON

« Pour aimer sincèrement et simplement, nous devons avant tout vaincre la peur de n'être pas aimés, ce qui ne peut se faire en nous forçant à croire que nous sommes aimés alors que nous ne le sommes pas. Travail difficile, qui demande toute une vie d'humilité sincère. Mais tôt ou tard nous devons distinguer entre ce que nous ne sommes pas et ce que nous sommes, accepter de n'être pas ce que nous voudrions être. Mais celui qui n'a pas peur de reconnaître tout ce qui ne va pas en lui, et qui se sent l'objet de l'amour de Dieu précisément à cause de ses défauts, commence à être sincère. Sa sincérité est fondée sur la confiance qu'il place non en des illusions qu'il se fait sur lui, mais en l'infinie et inépuisable miséricorde de Dieu. Ainsi soit-il. »

Thomas Merton

samedi 13 janvier 2018

LE MAL ET SATAN- NOUVELLE FORMULE DU NOTRE PERE

S’il y a quelqu’un qui a un avis catégorique sur la nouvelle traduction française du Notre Père, c’est bien notre pape François.
Dans une série d’entretiens avec le père Marco Pozza, un jeune aumônier de prison de Padoue, le Pape s’est félicité que les Français aient renoncé à l’ancienne formule « ne nous soumets pas à la tentation » pour une expression plus exacte « ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Et d’expliquer : « C’est moi qui tombe, pas Lui (Dieu) qui me pousse dans la tentation pour voir comment je tombe.
Un père ne ferait pas cela : un père aide immédiatement à se relever. »
Et d’insister : « Celui qui pousse à la tentation : c’est Satan : c’est le travail de Satan. »
Quand il parle ainsi, le Saint-Père n’est pas dans le cadre d’un enseignement officiel, magistériel, mais sa parole n’est nullement anodine, surtout sur des sujets d’une telle importance théologique.
Il se trouve, par ailleurs, qu’il s’exprime sur une question qui répugne souvent à la mentalité contemporaine et qui, parfois même, dans l’Église suscite méfiance et dénégation.
Récemment, le général des jésuites s’est opposé à la notion d’une existence personnelle de Satan.
Ce n’est pas du tout l’avis du Pape, qui pourtant lui aussi appartient à la Compagnie fondée par saint Ignace. « Le mal, a-t-il encore affirmé au père Pozza, ce n’est pas le brouillard de Milan… ce n’est pas une chose diffuse, c’est une personne. »
Une personne que François prend terriblement au sérieux, dans un langage qu’on peut trouver proche de celui du saint curé d’Ars aux prises avec « le grappin ».
L’événement qu’a constitué le changement de traduction du Notre Père permet ainsi à l’opinion de prendre conscience des enjeux de la foi chrétienne.
Il provoque parfois des échanges inattendus.
Ainsi, il est possible de retrouver sur internet une discussion très approfondie entre Raphaël Enthoven et le père Matthieu Rougé, curé de Saint Ferdinand des Ternes et professeur de théologie au collège des Bernardins.
On assiste rarement sur des médias de cette nature (Europe 1) à des échanges d’une telle profondeur, surtout lorsqu’ils concernent la question du mal et de Dieu. Pourquoi Dieu, qui est sans idée du mal, comme le dit saint Thomas d’Aquin, peut-il néanmoins permettre qu’il ait prise sur le monde et qu’il nous atteigne dans notre humanité la plus intime.
C’est la foi qui nous éclaire sur un tel mystère, auquel nul n’échappe.
Gérard Leclerc

jeudi 2 novembre 2017

LE TEMPS PERDU- CHRISTIAN BOBIN



Le temps perdu est comme le pain oublié sur la table, le pain sec. On peut le donner aux moineaux. On peut aussi le jeter. On peut encore le manger, comme dans l'enfance le pain perdu : trempé dans du lait pour l'adoucir, recouvert de jaune d’œuf et de sucre, et cuit dans une poêle. Il n'est pas perdu, le pain perdu, puisqu'on le mange. 
Il n'est pas perdu, le temps perdu, puisqu'on y touche à la fin des temps et qu'on y mange sa mort, à chaque seconde, à chaque bouchée. 
Le temps perdu est le temps abondant, nourricier. 

La part manquante - Christian Bobin 


mardi 24 octobre 2017

UNE ETINCELLE- JEAN YVES LELOUP

Une étincelle

Tout incendie
Commence par une étincelle
Celui qui brûle
Comme celui qui irradie
Celui qui nous éveille
Comme celui qui nous détruit

……
Veille à tes pensées
Elles éclairent
Comme elles obscurcissent le monde
……
Chaque matin
Cherche l’étincelle, l’éclair,
Qui allume en toi le jour…
Nous ne sommes pas nés seulement pour voir les choses
Mais pour voir le jour dans lequel nous apparaissent les choses
Beaucoup meurent sans avoir jamais « vu le jour »

Jean-Yves Leloup

Extrait d'un film du site Présenceimage
Jean Yves LELOUP

lundi 16 octobre 2017

PUISQUE TOUT EST FINI TOUT EST PERMIS

ETAT islamique

Il y a un an, on pouvait lire sur le site du journal Libération une tribune qui fit grand bruit intitulée : « Puisque tout est fini, alors tout est permis » Elle était l’œuvre d’un collectif de personnes de moins de trente ans qui s’intitulait Catastrophe et commençait ainsi : « Nous avons grandi dans une impasse. (…) Enfants, nous avons pris connaissance du monde en même temps que de sa fin imminente: pas un jour sans qu’on entende à la radio des nouvelles de ces deux sœurs morbides, Mme Dette et Mme Crise, dont les ombres dans nos têtes enflaient sans cesse. Finiraient-elles par exploser? Non: c’est le chômage, le trou de la Sécu et son acolyte de la couche d’ozone qui s’en chargeaient (…).On nous inculquait ce schéma ternaire «prémoderne, moderne, postmoderne», grille de lecture ou tenaille qu’on nous présentait comme neutre quand, insidieusement, celle-là avait déjà décidé pour nous qu’il n’y avait plus rien à faire. On était déjà à l’épilogue du récit mondial de l’humanité. L’hypothèse communiste? Un délire de pyromanes. Mai 1968? Une bataille de boules de neige. L’idéal du progrès ? On avait vu Hiroshima. Les utopies avaient toutes été ridiculisées, la poésie rendue barbare après Auschwitz, les rêves, n’en parlons pas » (1).


Extrait de Garrigues et Sentiers- LE MAL ARRIVE QUAND ON ELIMINE TOUTE IMPREVISIBILITE ( HANNAH ARENDT)

dimanche 1 octobre 2017

SAGESSE D'UN PAUVRE- ELOI LECLERC (DDB)


Le mot le plus terrible qui ait été prononcé contre notre temps est peut-être celui-ci : « Nous avons perdu la naïveté. »
Dire cela, ce n'est pas nécessairement condamner les progrès des sciences et des techniques dont notre monde est si fier. Un tel progrès est en soi admirable. Mais c'est reconnaître que ce progrès ne s'est pas réalisé sans une perte considérable au plan humain.
L'homme, enorgueilli de sa science et de ses techniques, a perdu quelque chose de sa candeur.
Empressons-nous de dire qu'il n'y avait pas que de la candeur et de la naïveté chez nos pères.
Le Christianisme avait assumé la vieille sagesse paysanne et terrienne, née du contact de l'homme avec la terre.
Et il y avait sans doute encore plus de terre que de Christianisme chez bon nombre de nos pères. Plus de pesanteur que de grâce. Mais l'homme avait alors des racines puissantes.
Les élans de la foi, comme les fidélités humaines, s'appuyaient sur des adhésions vitales et instinctives particulièrement fortes. Celles-ci n'étaient aucunement ébranlées ou énervées. L'homme participait au monde, naïvement.
En perdant cette « naïveté », l'homme a aussi perdu le secret du bonheur.
Toute sa science et toutes ses techniques le laissent inquiet et seul.
Seul devant la mort. Seul devant ses infidélités et celles des autres, au milieu du grand troupeau humain.
Seul aux prises avec ses démons qui ne l'ont pas déserté.
A certaines heures de lucidité, l'homme comprend que rien, absolument rien ne pourra lui rendre une joyeuse et profonde confiance dans la vie, à moins d'un recours à une source qui soit en même temps un retour à l'esprit d'enfance.
La parole de l'Evangile n'est jamais apparue aussi lourde de vérité humaine :
« Si vous ne devenez comme des tout-petits, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. »
Sur ce chemin qui conduit à l'esprit d'enfance, un homme aussi simple et aussi pacifié que saint François d'Assise a quelque chose à nous dire.
Quelque chose d'essentiel et de décisif. Ce saint au Moyen-Age nous est étonnamment proche.
Il semble avoir senti et compris notre drame à l'avance, lui qui écrivait : « Salut, Reine Sagesse, que Dieu te sauve avec ta sœur la pure simplicité. »
Ah ! nous ne le sentons que trop, il ne peut pas y avoir de sagesse pour nous qui sommes si riches de science sans un retour à la pureté de la simplicité.
Eloi  Leclerc- Sagesse d'un pauvre

Livre à lire- Desclée de Brouwer

samedi 9 septembre 2017

TEXTE DE PLATON

PLATON (347 av. J-C) :
« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire leurs enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte des paroles des pères, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves, et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au dessus d’eux, l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »

lundi 4 septembre 2017

ELOGE DU RIEN- TEXTE CHRISTIAN BOBIN


Je ne comprends pas très bien votre question. « Pourquoi faudrait-il un sens à nos jours? »
Pour les sauver?
Mais ils n'ont pas besoin de l'être.
Il n'y a pas de perte dans nos vies, puisque nos vies sont perdues d'avance, puisqu'elles passent un peu plus, à chaque seconde.
Un mot me gêne dans votre lettre. Ce mot de sens. Permettez-moi de l'effacer.
Voyez ce que devient votre question, comme elle a belle allure, à présent. Aérienne, filante:
"Qu'est-ce qui vous donne votre vie?" la réponse cette fois-ci est aisée : tout.
Tout ce qui n'est pas moi et m'éclaire.
Tout ce que j'ignore et que j'attends.
L'attente est une fleur simple. Elle pousse au bord du temps.
C'est une fleur pauvre qui guérit tout les maux.
Le temps d'attendre est un temps de délivrance.
Cette délivrance opère en nous à notre insu.
Elle ne nous demande rien que de laisser faire, le temps qu'il faut, les nuits qu'elle doit.
Sans doute l'avez-vous remarqué: notre attente -d'un amour, d'un printemps, d'un repos- est toujours comblée par surprise.
Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré.
Comme si la vraie formule d'attendre était celle-ci : ne rien prévoir sinon l'imprévisible.
Ne rien attendre sinon l'inattendu.
Ce savoir là me vient de loin.
Ce savoir qui n'est pas un savoir, mais une confiance, un murmure, une chanson....


Christian Bobin,

Éloge du rien

vendredi 4 août 2017

LA FOI ET LES GRANDS- MERES


Il y a une chose que ma grand-mère n’a jamais su: elle n’a jamais su qu’il y avait des « théologiens ».  Si elle l’avait su et qu’elles les avait écoutés, elle les aurait envoyés d’un petit sourire se chercher un travail, si elle ne leur avait pas elle-même mis dans les mains cette bêche, ora et labora, qu’elle maniait si souvent.  A moins d’être au minimum Ratzinger, on ne s’auto proclame pas théologien.  Mais il se fait que certains se sont improvisés « théologiens » du jour au lendemain, qu’ils ont formé des petites paroisses, des diocèses, des provinces, des régions, chacun avec sa propre théologie qui,à y regarder de plus près, n’est pas sans rappeler le genre de chose que l’on peut lire sous la plume des commentateurs dans les éditoriaux des journaux libéraux à la mode ou carrément dans les traités d’hydraulique.
Quand la médiocrité se fait théologie, elle provoque l’ennui.  L’ex-président italien Cossiga a un jour dit ceci: « si l’excès de doctrine ne fait pas le saint, le manque de doctrine fait l’hérétique et l’hérétique est toujours une personne sans fantaisie et ennuyeuse car l’ennui est la mère de toutes les hérésies. »  Le problème d’une certaine Europe du Nord, qui fut  autrefois chrétienne, c’est moins le manque de doctrine que le manque de fantaisie, l’absence de cette sainte levitas qui caractérise à elle seule les géants de la foi, par conséquent le problème de l’Europe du nord c’est l’ennui, la mère de l’hérésie.  Il faut en revenir aux grand-mères.
Le problème de la foi, c’est la disparition des grand-mères

samedi 29 juillet 2017

MERYL STREEP- BEAU TEXTE


« Je n'ai plus de patience pour certaines choses, non pas parce que suis devenue arrogante, mais tout simplement parce que je suis arrivée à un point dans ma vie où je ne veux pas perdre plus de temps avec ce qui me blesse ou avec ce qui me déplaît. Je n'ai aucune patience pour le cynisme, la critique excessive ni pour les exigences d'une nature quiconque. J'ai perdu la volonté de plaire à celui qui n'aime pas, d'aimer à celui qui ne m'aime pas et à sourire à celui qui ne veut pas me sourire. Je ne dédie plus une seule minute à celui qui ment ou à celui qui veut manipuler. J'ai décidé de ne plus vivre avec la prétention, l'hypocrisie, la malhonnêteté et l'éloge pas cher. Je n'arrive pas a tolérer l'érudition sélective et l'arrogance académique. Je n'ai pas à m'adapter plus avec les affaires du voisinage ou avec le commérage. Je déteste les conflits et les comparaisons. Je crois à un monde de contraires et c'est pour ça que j'évite des gens ayant un caractère rigide et inflexible. En amitié, je n'aime pas le manque de loyauté ni la trahison. Je ne m'entends pas bien avec ceux qui ne savent pas donner un compliment et qui ne savent pas encourager. Les exagérations m'ennuient et j'ai du mal à accepter ceux qui n'aiment pas les animaux. Et pour couronner le tout, je n'ai aucune patience pour ceux qui ne méritent pas ma patience.» Meryl Streep

lundi 29 mai 2017

SAVOIR ECOUTER- BEAU TEXTE


Quand je te demande de m'écouter et que tu commences à me donner des conseils, tu ne fais pas ce que je te demande.
Quand je te demande de m'écouter et que tu me dis que je ne devrais pas me sentir ainsi, tu joues dans mes émotions.
Quand je te demande de m'écouter et que tu sens que tu dois faire quelque chose pour résoudre mon problème, tu as échoué, aussi étrange que ça puisse paraître.
Écoute! Tout ce que je t'ai demandé, c'est de m'écouter. Ne pas parler ou autre chose, juste m'écouter.
Les conseils sont bons marché : moins d'un dollar et j'obtiens l'horoscope dans un journal… Et, je peux m'occuper de moi, je ne suis pas impuissant. Peut-être découragé et faible, mais pas impuissant.
Quand tu fais pour moi ce que je peux et dois faire moi-même. Tu contribues à ma peur et à ma faiblesse.
Mais quand tu acceptes le simple fait que je ressente ce que je ressens, peu importe si ça semble irrationnel, alors je peux arrêter d'essayer de te convaincre et je peux m'occuper de comprendre ce qui se cache derrière ces émotions irrationnelles.
Et, quand c'est enfin clair, les réponses sont évidentes et je n'ai pas besoin de conseils.
Les sensations irrationnelles ont du sens quand nous comprenons ce qu'il y a derrière elles.
Peut-être que c'est pour ça que la prière, ça marche parfois, pour certaines personnes, parce que Dieu est "muet" et il ne donne pas de conseils ou n'essaie pas d'arranger les choses. "Il" ne fait que nous écouter et nous laisse faire le travail par nous-mêmes.
Alors, ne fais seulement que m'écouter et m'entendre.
Et si tu veux parler, attends un peu, après ce sera ton tour et je t'écouterai.
Auteur inconnu

dimanche 30 avril 2017

LA POLITIQUE- CHESTERTON


Il va sans dire que l’union n’est pas plus en soi une bonne chose que la séparation n’est une bonne chose en soi. Il est aussi absurde d’avoir un parti en faveur de l’union que d’avoir un parti en faveur de monter un escalier et un parti en faveur de descendre de l’escalier. La question n’est pas de monter ou de descendre, mais de savoir où nous allons et pourquoi nous y allons

CHESTERTON

samedi 15 avril 2017

RESURRECTION- LA VOIE DE LA TENDRESSE

La tendresse est amour de tout ce qui est, jubilation de toute naissance, désir encore et encore que tout vivant vive et donne son fruit.
Elle est joie de tout visage et de toute voix et parole humaine, homme ou femme. Elle a faim de donner, à qui manque, tout ce qui peut nourrir sa faim. Elle ne juge pas. Elle ne prend pas. Elle ignore la cruauté.
Elle donne. Non parce que ceci ou pour que cela, mais parce que telle est sa nature. Elle ne donne pas pour reprendre.
Ainsi la détresse fond et l'horreur même peut être reprise et repétrie. Qui goûte la tendresse, même mort, peut naître. La tendresse enveloppe tout l'être de tout être. Elle enveloppe l'injustifié, la misère, la faute, la détresse. Quiconque est en elle se trouve justifié d'être et ce qui le condamnait tombe hors de lui.
La tendresse est le labeur incessant pour que tout enfant d'humain, homme ou femme, ait sa mesure et sa grâce. À chacun selon ses besoins ! À chacun selon le don qui est en lui — qu'il déploie gaiement toute sa puissance ! La tendresse est grâce : elle ne force rien, elle ne se raidit pas par devoir et volonté, elle ne s'impose pas, elle n'envahit pas la vie des autres, elle ne larmoie pas, elle ne disserte pas, elle n'explique pas. Elle est simplement là, ferme et agissante, bon espace libre où respirer, nourriture première du cœur des vivants.
La tendresse n'agit pas comme agissent les pouvoirs. Elle se tient avec distance et réserve, elle laisse à qui a faim de vivre tout son espace de vie, à qui a faim d'être entendu tout son espace de parole, elle laisse être, enfin, sans réserve et sans mesure.
Elle est douceur, plaisir d'être ensemble, travail pour le bien, franchise et gaieté.
Trouvé sur le site: Garrigues et Sentiers

mercredi 5 avril 2017

LE PIRE ET LE MEILLEUR



C'est quand on a touché sa misère profonde,
le fait qu'en chacun de nous est le pire comme le meilleur,
quand on peut dire "tout ce qui est sur cette terre est aussi en moi",
quand on peut dire "cette horreur, ça aussi c'est moi",
dans l'audace de le regarder se produit quelque chose qui est de l'ordre de la grâce.
Christiane Singer

mercredi 29 mars 2017

LE CANCER

« Voici l’aventure que je viens vous conter », nous annonce d’emblée Karine Cochonat. De fait, il s’agit bien, dans les différents sens de ce terme, d’une « aventure » : à la fois d’une expérience peu commune, d’une véritable histoire, faite de rebondissements, et d’un immense abandon joyeux à ce qui doit arriver. Qu’est-ce qui doit arriver, sinon l’inconnu, imprévisible et revigorant par son goût de nouveauté perpétuelle, du mouvement même de la Vie ? Un mouvement auquel il s’agit de faire confiance, éperdument, malgré les doutes et les angoisses qui ne manquent pas de tenailler l’héroïne : « Traversée par cette foule de questions qui surgit, taraudée par ce questionnement lancinant sur le sens du cancer, j’apprends à me laisser porter par la Vie qui s’improvise, jour après jour. Avec ses premières fois. Et ses dernières fois. »

mardi 21 mars 2017

UN COEUR DE MAMIE

Un cœur de Mamie, ça veut du bonheur,
Du bonheur pour tous ses enfants.
Un cœur de Mamie, ça a toujours peur,
ça tremble pour petits et grands;
ça se laisse grignoter par la vie et les événements.
Un cœur de Mamie, ça se donne sans compter:
C'est toujours un cœur de maman.
Un cœur de Mamie, ça n'aime pas la solitude.
C'est hospitalier, comme dans les Béatitudes.
ça aime les visites.
" Ne partez pas, vous avez le temps."
" Encore un biscuit." " Restez encore un instant."
ça aimerait qu'on lui dise un petit merci en passant.
ça voudrait une bise;
Mais les jeunes en ont-ils le temps?
Un cœur de Mamie, ça ne vieillit pas.
ça veut s'accrocher. C'est parfois bien las!
Un cœur de Mamie, c'est plein de finesse;
ça sait deviner: ça voit la tristesse;
ça sait regarder, sans oser rien dire.
C'est plein de bonté, ça vit de tourments.
Un cœur de Mamie, ça se dit:
"Je ne voudrais pas partir."
Rester pour aimer.
Même vieux, ça ne veut pas mourir.
demain oui, peut-être.
Mais non, non, pas aujourd'hui.
ça veut être là pour les fêtes.
Voir grands et petits; consoler; encourager.
Un cœur de Mamie, c'est disponible, pas pressé.
ça ne pense qu'à donner.
ça a de l'expérience.
ça doit rester longtemps,
Pour donner confiance dans la vie à ses petits-enfants.
Guy Gilbert

lundi 6 mars 2017

TRUMP- HUMOUR


Une fois décédés, George Bush, Barack Obama et Donald Trump se retrouvent devant Dieu pour être interrogés.
 
Dieu demande à Bush: “En quoi crois-tu”?
 
Bush répond: "Je crois en une libre économie, une Amérique forte. La nation Américaine et tout le tra la la ..."
 
Dieu est impressionné par Bush et lui dit: "Bien, viens t’assoir sur la chaise à ma droite" 
 
Dieu va vers Obama et lui demande: "En quoi crois-tu”?
 
Obama répond: “Je crois dans la démocratie, l’aide aux pauvres, la paix mondiale, etc. .... ".
 
Dieu est réellement impressionné par Obama et lui dit: 'Très bien, viens t’asseoir sur la chaise à ma gauche" 
 
Finalement Dieu rencontre Trump : “En quoi crois-tu”?
 
Trump répond: "Je crois que tu es assis sur ma chaise”.
_____

samedi 25 février 2017

LA MUSIQUE LA PLUS BELLE...POEME

Lorsque j’étais enfant,
Je me mis à sangloter assis par terre
A côté du piano de ma mère
Qui jouait et chantait
Car il y avait dans son chant
Une gloire timide mais solennelle
Que ma petitesse ne pouvait contenir
Et lorsqu’on m’a demandé
Pourquoi je pleurais
Je n’avais pas de mots pour le dire
Je secouai seulement la tête
Et continuai à pleurer
Pourquoi la musique la plus belle
Ouvre-t-elle une blessure en nous
Une douleur, une affliction
Profondes comme la nostalgie
De quelque pays lointain
Et à moitié oublié
Je n’ai jamais compris
Pourquoi il en est ainsi
Mais il existe une vieille légende
De l’autre côté du monde
Qui délivre le secret
De ce chagrin mystérieux
Pendant les siècles des siècles
Nous avons erré
Mais nous avons été faits pour le paradis
Comme le cerf pour la forêt
Et quand nous vient la musique
Avec sa beauté céleste
Elle nous apporte l’affliction
Car lorsque nous l’entendons
Nous nous rappelons un peu
De ce pays natal perdu
Faiblement nous nous rappelons les champs
Leur trèfle parfumé caressé par le vent
Les chants d’oiseaux dans les vergers
Les violettes sauvages blanches dans la mousse
Au bord de ruisseaux transparents
Et resplendissante au cœur de cela
Se trouve la beauté tant attendue
De Celui qui nous attend
Qui toujours nous attendra
Dans ces prairies radieuses
Mais qui est aussi venu vivre avec nous
Et qui erre où nous errons.
Anne Porter, « Musique »  dans Living Things: Collected Poems, Hanovre, NM: Zoland Books, 2006, pp. 54-55.

samedi 18 février 2017

MORT- BEAU TEXTE

"Le fil n'est pas coupé.
La mort n'est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes-vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez de moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été,
sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attends.
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien." Charles Péguy

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