lundi 16 octobre 2017

TOLERANCE ?

À force de tout voir,
on finit par tout supporter,

À force de tout supporter,
on finit par tout tolérer,

À force de tout tolérer,
on finit par tout accepter,

À force de tout accepter,
on finit par tout approuver
St Augustin

mardi 10 octobre 2017

FRANCOIS d'ASSISE

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25).

LA GLOIRE DE DIEU : SENS DU MOT

GLOIRE. Dans le dictionnaire, le nom est défini comme une action ou des œuvres jugées éclatantes. Lui sont associés les termes célébrité, honneur, renom, majesté, succès.
Dans la tradition judéo-chrétienne, le mot est très présent, il revient plusieurs fois dans la liturgie de l'Église catholique.
Pourtant Jésus, nommé "Roi de Gloire" dans les Évangiles, a suivi un chemin d'abaissement, d'humilité et de dépouillement.
"La gloire de Dieu c'est Dieu lui-même, explique le Fr. Ange Rodriguez, c'est une manière de parler de Dieu sans dire son nom."
Le dominicain est l'un de nos grands témoins pendant le Carême.
"Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu." (1 Co 1, 17-25)*
LA GLOIRE DE DIEU DANS L'ANCIEN TESTAMENT
En hébreu, la gloire se dit kabôd qui signifie "être lourd", "peser".
Tout au long de l'Ancien Testament, les façons dont Dieu se manifeste aux hommes dénotent une vision de Dieu qui n'est pas loin de celle des grandes religions païennes - des dieux qui se manifestent par la puissance et la violence.
"On ne peut pas comprendre sa grandeur si on ne comprend pas sa petitesse" Luther
AVEC LA JÉSUS LA GLOIRE DE DIEU EST "FOLIE"
Dans le Nouveau Testament, la notion de gloire évolue. C'est même un "tournant extraordinaire" qui se fait avec la venue du Christ.
"À Noël les anges ne chantent pas les lumières de la nuée ou la puissance de la mer Rouge, ils chantent ce que Dieu est, son être, qui se manifeste dans un petit enfant", explique le Fr. Ange Rodriguez.
Dans ses écrits, saint Paul en parle, de ce "langage de la croix" qui a tant ébloui les mystiques.
Un Dieu dont "on ne peut pas comprendre sa grandeur si on ne comprend pas sa petitesse", a dit Luther.
*Source: AELF

mardi 3 octobre 2017

GREGOIRE DE NYSSE


Le Seigneur Jésus ne dit pas qu'on est heureux de savoir quelque chose au sujet de Dieu, mais qu'on est heureux de le posséder en soi-même.
En effet, heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Il ne pense pas que Dieu se laisse voir face à face par celui qui aura purifié le regard de son âme.
Mais peut-être la noblesse de cette parole nous suggère-t-elle ce qu'une autre parole exprime plus clairement : Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous.
Voici ce qu'elle nous enseigne : celui qui a purifié son cœur de toute créature et de tout attachement déréglé voit l'image de la nature divine dans sa propre beauté.
Il me semble que dans cette brève formule le Verbe fait tenir l'exhortation suivante : « Hommes qui avez quelque désir de contempler le vrai Bien, vous avez entendu dire que la majesté divine est élevée au-dessus des cieux, que sa gloire est incompréhensible, sa beauté inexprimable et sa nature infinie. Mais ne désespérez pas de parvenir à contempler l'objet de votre désir. » ~
Si tu purifies, par un effort de vie parfaite, les souillures attachées à ton cœur, la beauté divine brillera de nouveau en toi.
C'est ce qui arrive avec un morceau de fer, lorsque la meule le débarrasse de sa rouille. Auparavant il était noirci, et maintenant il brille et rayonne au soleil.
De même l'homme intérieur, que le Seigneur appelle « le cœur », lorsqu'il aura enlevé les taches de rouille qui altéraient et détérioraient sa beauté, retrouvera la ressemblance de son modèle, et il sera bon.
Car ce qui ressemble à la Bonté est nécessairement bon.
Donc celui qui se voit lui-même découvre en soi l'objet de son désir.
Et ainsi celui qui a le cœur pur devient heureux parce que, en découvrant sa propre pureté, il découvre, à travers cette image, son modèle.
Ceux qui voient le soleil dans un miroir, même s'ils ne fixent pas le ciel, voient le soleil dans la lumière du miroir aussi bien que s'ils regardaient directement le disque solaire.
De même vous, qui êtes trop faibles pour saisir la lumière, si vous vous retournez vers la grâce de l'image établie en vous dès le commencement, vous possédez en vous-mêmes ce que vous recherchez.
La pureté, en effet, la paix de l'âme, l'éloignement de tout mal, voilà la divinité.
Si tu possèdes tout cela, tu possèdes certainement Dieu.
Si ton cœur est exempt de tout vice, libre de toute passion, pur de toute souillure, tu es heureux, car ton regard est clair.
Purifié, tu contemples ce que les yeux non purifiés ne peuvent pas voir.
L'obscurité qui vient de la matière a disparu de tes regards et, dans l'atmosphère très pure de ton cœur, tu distingues clairement la bienheureuse vision.
Voici en quoi elle consiste : pureté, sainteté, simplicité, tous les rayons lumineux jaillis de la nature divine, qui nous font voir Dieu.
Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque 
Homélie 6 sur les Béatitudes ; PG 44,1269 (trad. cf bréviaire) 

dimanche 1 octobre 2017

SAGESSE D'UN PAUVRE- ELOI LECLERC (DDB)


Le mot le plus terrible qui ait été prononcé contre notre temps est peut-être celui-ci : « Nous avons perdu la naïveté. »
Dire cela, ce n'est pas nécessairement condamner les progrès des sciences et des techniques dont notre monde est si fier. Un tel progrès est en soi admirable. Mais c'est reconnaître que ce progrès ne s'est pas réalisé sans une perte considérable au plan humain.
L'homme, enorgueilli de sa science et de ses techniques, a perdu quelque chose de sa candeur.
Empressons-nous de dire qu'il n'y avait pas que de la candeur et de la naïveté chez nos pères.
Le Christianisme avait assumé la vieille sagesse paysanne et terrienne, née du contact de l'homme avec la terre.
Et il y avait sans doute encore plus de terre que de Christianisme chez bon nombre de nos pères. Plus de pesanteur que de grâce. Mais l'homme avait alors des racines puissantes.
Les élans de la foi, comme les fidélités humaines, s'appuyaient sur des adhésions vitales et instinctives particulièrement fortes. Celles-ci n'étaient aucunement ébranlées ou énervées. L'homme participait au monde, naïvement.
En perdant cette « naïveté », l'homme a aussi perdu le secret du bonheur.
Toute sa science et toutes ses techniques le laissent inquiet et seul.
Seul devant la mort. Seul devant ses infidélités et celles des autres, au milieu du grand troupeau humain.
Seul aux prises avec ses démons qui ne l'ont pas déserté.
A certaines heures de lucidité, l'homme comprend que rien, absolument rien ne pourra lui rendre une joyeuse et profonde confiance dans la vie, à moins d'un recours à une source qui soit en même temps un retour à l'esprit d'enfance.
La parole de l'Evangile n'est jamais apparue aussi lourde de vérité humaine :
« Si vous ne devenez comme des tout-petits, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. »
Sur ce chemin qui conduit à l'esprit d'enfance, un homme aussi simple et aussi pacifié que saint François d'Assise a quelque chose à nous dire.
Quelque chose d'essentiel et de décisif. Ce saint au Moyen-Age nous est étonnamment proche.
Il semble avoir senti et compris notre drame à l'avance, lui qui écrivait : « Salut, Reine Sagesse, que Dieu te sauve avec ta sœur la pure simplicité. »
Ah ! nous ne le sentons que trop, il ne peut pas y avoir de sagesse pour nous qui sommes si riches de science sans un retour à la pureté de la simplicité.
Eloi  Leclerc- Sagesse d'un pauvre

Livre à lire- Desclée de Brouwer

samedi 30 septembre 2017

CITATION DE STEPHANE HESSEL- UN GRAND MONSIEUR



« Ce que j'ai découvert c'est que la vie est encadrée par l'invisible, que les anges vivent dans cet invisible. Et que notre tâche à nous les hommes est de transformer le visible en invisible. Nous sommes des abeilles qui butinons l'or du visible pour en faire la trame de l'invisible. » 

STEPHANE HESSEL

LA VIE : NE RIEN COMPRENDRE

Vous n’allez rien y gagner, rien y obtenir.
J’ai conscience que ce n’est pas facile à entendre, ami chercheur.
Je sais que tu ne vas pas me croire, car c’est difficile à avaler, toi qui espères tant de cette quête.
J’ai conscience que souvent tu en attends quelque chose de merveilleux, qu’il y a un espoir tellement immense en toi, probablement de sortir de ta condition humaine si difficile, d’améliorer ta vie, ton vécu, que sais-je encore.
Et pourtant, quelle paix de le comprendre !
Quelle joie de ne plus rien attendre de cette quête de soi, de ne plus rien considérer comme acquis!
Quelle beauté d’accepter de n’y rien comprendre !
Et quelle douceur de se déposer dans le cœur même de la vie, pour se laisser bercer dans son mouvement naturel, quel qu’il soit, sans protection!
Juste être, ici et maintenant.
Alors à un moment donné, tu vas t’en rendre compte :
le chemin n’apporte rien du tout.
Absolument rien de personnel.
Rien, rien, rien.
A l’inverse, si tu y consens, cette quête, cette « rencontre inconditionnelle avec soi », cette plongée totale dans le réel va te prendre tout ce qui t’est personnel, tout ce que tu considères comme t’appartenant.
Tu vas te délester.
Le chercheur obtient quelques acquisitions : plus de tranquillité, de douceur, d’amour, de compréhension peut-être.
Quelques belles envolées spirituelles parfois.
Parfois même ça dure un peu, quelques années même, on a l’impression d’être arrivé quelque part, c’est agréable.
Dès qu’il se passe quelque chose, le chercheur en fait un évènement, une acquisition.
L’éveil devient un truc à obtenir, où à retrouver si on l’a «perdu».
Le chercheur fait comme toutes les personnes en ce monde : accumuler des belles choses, rejeter celles qui ne lui plaisent pas.
Mais lorsqu’il les a eues, il peut les perdre.
Sur ce chemin là, on finit toujours par perdre ce qu’on a acquis.
Je l’ai déjà dit ici : tous les états spirituels que vous allez gagner, vous allez les perdre.
La vie va et vient.
Elle fait ce qu’elle veut.
Alors entends-moi bien, surtout la prochaine fois que tu auras l’impression d’avoir encore perdu ou gagné quelque chose sur ce chemin.
Oui entends-moi bien :
Accepte de te dénuder de ce désir d’accumuler des expériences, de ce désir d’obtenir quelque chose de tous tes efforts.
Il ne s’agit pas de gagner,
ni d’accumuler,
ni de réussir,
il s’agit de perdre la totalité de ce que tu crois avoir,
de perdre la totalité de ton monde,
de lâcher tout ce que tu crois tenir.
La condition humaine c’est de porter la vie, d’en faire une affaire personnelle, une réalisation, un devenir.
La quête spirituelle récupère ce même mouvement et devient quelque chose à réussir.
Comme c’est lourd et épuisant !
Comme c’est difficile !
N’en as-tu pas marre ?
Tant que tu n’en auras pas assez marre, tu vas continuer.
Il faut parfois aller au bout de l’absurdité.
Essayer encore et encore de réussir cette quête, d’arriver quelque part, d’accumuler les expériences.
Mais un jour, tu ne pourras plus faire autrement, tu va revenir à plus d’humilité et reconnaitre profondément la vérité :
Tu ne tiens rien,
Tu ne possèdes rien,
Il n’y a rien à réussir,
Tu es déjà nu devant la vie.
Et en réalité c’est cela que ton cœur désire le plus : reconnaitre cette nudité de ton être.
C’est dans cette nudité que nous pouvons faire le don de nous-même au vivant que nous sommes.
Et nous laisser porter par son libre mouvement.
Alors ami chercheur, acceptes-tu de ne plus rien accumuler ?
De te délester de ce que tu crois avoir acquis ?
Et de te montrer dans ta plus intime vulnérabilité ?
Dans ta plus totale nudité ?
Tu te rencontreras alors dans ta plus profonde humanité.

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