mercredi 7 mars 2018

LA VRAIE PRIERE



Commencer par asseoir sa journée sur un linge de silence.
Descendre au plus profond de soi, en dessous des maux, en dessous des mots dans ce lieu sans lieu où s'annonce la rencontre.
Ne rien vouloir sinon être là, dans l'ouverture à ce qui vient.
Se laisser faire et défaire par la pulsation de l'éphémère, jusqu'à cet agenouillement du dedans qui signe la vraie prière
Pasteur Francine Carillo.

lundi 5 mars 2018

samedi 3 mars 2018

FRERE ROGER DE TAIZE- MaÎTRES SPIRITUELS


« Accueillir avec mes frères tant de jeunes à Taizé, c’est avant tout être pour eux des hommes d’écoute, jamais des maîtres spirituels. Qui s’érigerait en maître pourrait bien entrer dans cette prétention spirituelle qui est la mort de l’âme » (3). Et il explicite plus encore ce respect du cheminement personnel de chacun : « A tout âge, Dieu confie quelqu’un ou quelques uns à écouter, à accompagner jusqu’aux sources du Dieu vivant. De telles sources sont de Dieu, personne ne peut les créer. Qui voudrait s’y employer n’amènerait pas à Dieu, mais à lui-même. Cette attitude a un pouvoir de confusion. Pour l’Evangile, il n’y a pas de maîtres spirituels » (4).

Frère  Roger de TAizé

PRIER...???

Pour ne pas être qu'un rituel, que l'on accomplirait l'esprit absent, la prière suppose aussi d'avoir établi un lien sincère et attentif à soi-même. D'où son importance pour la vie intérieure des humains, depuis toujours. Dans la prière, il y a un double mouvement : celui de l'esprit (prise de conscience, réflexion, tension) ; puis celui de l'âme (abandon, lâcher-prise). 
La prière, même laïque, est un acte de foi, une confiance sans certitude. Nous offrons nos espérances, nos craintes, nos remerciements, sans avoir la preuve que nous sommes entendus, et encore moins qu'une réponse viendra. C'est enfantin et magnifique. D'où l'observation iconoclaste et subtile de Claude Nougaro dans sa chanson Plume d'ange : « La foi est plus belle que Dieu. »
Quels liens la prière a-t-elle avec la vie dite « intérieure » ? À première vue, elle est tournée non pas vers l'intérieur, mais vers le supérieur. Pourtant, toutes les traditions religieuses rappellent que Dieu réside dans le cœur même de l'être humain... Ainsi, les moments de prière sont des espaces où l'on expose sa vie intérieure à une lumière particulière : celle de Dieu, ou celle des grandes forces qui régissent ce monde. Ce sont des introspections tournées vers le Ciel ! Et donc baignées par les sentiments d'humilité et d'appartenance. De gratitude aussi : nous sommes dépositaires de qualités qui nous dépassent, que nous n'avons ni mérité ni demandé : la vie, la conscience, l'intelligence... Comment ne pas être bouleversé par cela ? Et comment ne pas avoir envie de prier pour remercier ?

Ô TOI L'AU- DELA DE TOUT- GREGOIRE DE NAZIANSE



Ô Toi, l’Au-delà de tout,
Que te chanter d’autre ?
L’Hymne qui te célèbre, où la trouver ?
À toute louange, tu te dérobes,
Comment l’esprit te saisirait-t-il ?
Toute intelligence, tu la dépasses.
Seul, indicible :
Toute parole coule de toi.
Seul inconnaissable :
Toute pensée vient de toi.
Tous les êtres t’acclament,
Ceux qui parlent et ceux qui sont muets.
Tous les êtres te glorifient,
Ceux qui pensent et ceux qui n’ont pas de pensée.
Le désir du monde, l’universel gémissement,
Te balbutient.
Tout ce qui est : prière vers toi !
Vers toi, tout être qui épelle ton univers
Tisse une hymne de silence.
Tout ce qui subsiste, demeure par toi.
En toi s’ancre l’universelle fluctuation.
Tous les noms pour toi.
Mais comment t’appeler ?
Ô le seul qu’on ne peut nommer !
Grégoire de Nazianse

samedi 24 février 2018

BEAU TEXTE DE CELINE SUR LA VIEILLESSE


« Ce qui est pire c'est qu'on se demande comment le lendemain on trouvera assez de force pour continuer à faire ce qu'on a fait la veille et depuis déjà tellement trop longtemps, où on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces mille projets qui n'aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l'accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent, et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu'il faut retomber au bas de la muraille, chaque soir, sous l'angoisse de ce lendemain, toujours plus précaire, plus sordide.
C'est l'âge aussi qui vient peut-être, le traître, et nous menace du pire. On n'a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilà. Toute la jeunesse est allée mourir déjà au bout du monde dans le silence de vérité. Et où aller dehors, je vous le demande, dès qu'on a plus en soi la somme suffisante de délire ? La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi. »


Céline

ELUARD- PETITE POESIE

La nuit n'est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée 
Il ya toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un coeur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie à se partager.
Eluard

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