mercredi 9 mai 2018

L'ASCENSION

Giotto_di_Bondone_-_No._38_Scenes_from_the_Life_of_Christ_-_22._Ascension_-_WGA09226.jpg« Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » 
                                      Ascension- GIOTTO
Homélie de la solennité de l’Ascension - Année B - Père Pierre-Marie (2015=
Texte de l’homélie :
Frères et Sœurs bien-aimés,
Nous le savons, la fête de l’Ascension, c’est la fête de l’Espérance. C’est ce qui a déjà été dit dans la prière d’ouverture que j’ai prononcée au commencement de cette célébration :
« Il nous ouvre les portes du Ciel, et c’est là que nous vivons en Espérance. »
L’Espérance c’est ce que le Seigneur, Lui-même monté dans les Cieux avec son corps et son âme, nous appelle à vivre. L’Espérance, c’est croire aux promesses de Dieu. Et le Pape Benoît XVI a rédigé, il y a quelques années, une encyclique à la fois très profonde et accessible sur le thème de l’Espérance. Et il se posait la question :
" Est-ce que l’Espérance chrétienne a un sens aujourd’hui ?"
Parce que force est de constater que la foi en la vie éternelle a des conséquences considérables.
Par exemple dans l’éducation. Lorsqu’on met un enfant au monde, si nous croyons que nous le mettons au monde non pas pour la fosse mais pour la vie éternelle, cela entraine une manière particulière d’éduquer ! Déjà on prépare son cœur pour contempler Dieu ! Et la différence, me semble-t-il entre l’enseignement catholique et l’enseignement public se trouve là. Des bons et des mauvais établissements, il y en a dans les deux parties. Mais dans l’enseignement catholique, quand il est digne de ce nom, on enseigne les enfants, on les élève dans l’intelligence, mais aussi on élève leur âme pour qu’ils puissent un jour contempler Dieu.
Il y a aussi des conséquences de l’Espérance en la vie éternelle dans le respect de la vie, aussi bien en ses commencements qu’en sa fin. Nous croyons que la personne humaine est déjà en formation dans le sein maternel, et elle est déjà cette personne qui sera appelée à contempler la vie éternelle, à contempler Dieu pour l’éternité.
Il en est de même pour les souffrances que nous pouvons traverser, que se soit dans le grand âge ou les souffrances de santé ou toutes les souffrances de la vie. Le Pape Benoît XVInous dit que pour pouvoir les traverser, il faut qu’elles soient éclairées par une lumière d’une espérance plus grande, qui ne peut être détruite ni par les échecs dans les petites choses, ni par les effondrements de portée historique. Pour traverser les difficultés de la vie, il faut une lumière ! Si nous croyons que la vie se termine dans la fosse, très bien ! Mais cela a bien sûr des conséquences dans notre manière de vivre, dans notre manière de traverser les épreuves.
Et l’on voit bien aujourd’hui que la perte de l’Espérance chrétienne engendre une perte de courage dans la traversée des épreuves, une forme de découragement général. Il nous faut être attentifs à cela, parce que c’est précisément cette Espérance que nous verrons Dieu, que nous Le contemplerons, et que notre passage ici-bas est une préparation à la contemplation pour l’Éternité de Dieu, qui motive toutes nos actions. Si c’est la fosse qui nous attend, eh bien mangeons, buvons, festoyons, et mourons !


La fête de l’Ascension est donc bien une fête centrale dans notre foi parce que précisément, comme on le dit dans le Credo chaque dimanche, on croit à cette vie éternelle, on croit aux promesses de Jésus :
« Là où je serai, vous serez vous aussi. »

dimanche 6 mai 2018

SAINT SILOUANE

Oui, le but  de  notre  vie, c'est  de connaître Dieu,  et,  comme  le disait souvent saint Silouane, de «le connaître dans le Saint-Esprit [2]».
Dans  ses écrits,  saint Silouane  redit souvent  qu'il  y a  une grande différence entre croire simplement que Dieu existe, et le connaître dans le Saint-Esprit. Le connaître,  en ce sens-là, ce n'est pas avoir une idée, ou  des  idées,  sur  Dieu.
C'est   avoir  la  connaissance  intime,  avoir l'expérience de sa présence  dans  notre  cœur et comme  la sensation  de ce que Dieu, -la Sainte Trinité - , est, que Dieu est la bonté infinie, que  Dieu  est  l'amour  infini,  que  Dieu  est  la  beauté  infinie. 
La  vie éternelle, c'est de réaliser cela.  C'est de se sentir en communion profonde, en communion intime avec cette  beauté infinie, cette bonté infinie, cette miséricorde infinie que Dieu est.
C'est  «sentir  » tout cela, parce  que nous sommes imprégnés de Dieu, comme le fer rouge est pénétré par le feu.
Seulement, saint  Silouane  ajoute  aussitôt  que c'est l'humilité qui ouvre notre cœur à cette connaissance.
L'humilité en est la clef : « Dieu se révèle aux humbles» ; c'est là une parole de l'Écriture. On lit en effet dans le livre de l'Ecclésiastique : « Dieu révèle ses secrets aux humbles» (Siracide 3, 19).
Et saint Silouane, reprenant en même temps cette autre parole que nous chantons  dans la grande Doxologie et qui est tirée d'un psaume (Psaume 35, 10), nous  dit que« la lumière dans  laquelle nous voyons  la lumière », c'est  l'humilité.  « L'humilité est la lumière dans laquelle nous pouvons voir la Lumière, Dieu[3]  ».
C'est seulement quand notre cœur est dépouillé de tout orgueil, de tout  attachement à  notre ego, que  nous  pouvons  véritablement avoir cette expérience intime de Dieu,  expérience qui est la vie éternelle, qui est déjà un avant-goût ici-bas de la béatitude éternelle du Ciel.
C'est cette connaissance  qui est vraiment  déjà  le Ciel dans nos âmes, dès aujourd'hui.

mardi 1 mai 2018

MOURIR GUERI- ALAIN HOUZIAUX


Peinture de DALI
Mourir guéri , c'est mourir "consolé" de sa vie.
Dans le grec du Nouveau Testament "consolateur" et "consolation"
ont un sens très fort. Le "consolateur" c'est l'avocat (I Jean2, 1)
celui qui vous défend lorsque vous êtes accusé.
Plaise au ciel qu'avant de mourir, nous puissions découvrir qu'un Autre
Le  Consolateur, défend et à toujours défendu notre vie à notre place.
Oui, mourir guéri, c'est mourir en ayant fait la paix non seulement
avec les autres et les misères qu'ils vous ont faites mais aussi avec son passé
ses erreurs et ses propres fautes.
C'est mourir en ayant fait la paix avec tout ce que l'on a fait d'inutile
avec tout le temps que l'on a perdu à des querelles
de pacotille, à des ambitions bien vaines et à des combats bien futiles.
Mourir guéri c'est mourir en paix avec les autres et avec ce que l'on a été.
Et c'est peut-être cela l'ultime forme de la sagesse
ou l'ultime  forme de la foi en la grâce.
Mourir guéri c'est avoir la grâce  de découvrir ceci: 
tu as le droit d'avoir eu la vie que tu as eue même si tu la trouves peu reluisante.
Et tu as ce droit par grâce
La vie est un cadeau. Tu as eu le droit de vivre de tout son long le fleuve de la vie
même si tu ne sais pas pourquoi il t'a été donné de vivre. (dernière page)

Alaun Houziaux- Dix questions simples sur la vie- Albin Michel- Espaces libres

La BIBLE- PENSEE DE BOBIN


Le silence de la Bible. Lisant un psaume de David, j'ai reçu le souffle de l'éternel, c'est-à-dire du mortel, en plein visage. Les écritures dites « saintes » ne sont pas plus saintes qu'une liste de courses épinglée sur une plaque de liège dans une cuisine : les deux témoignent du souci d'un vivant, du petit désir adorable de maintenir vie et souffle le plus longtemps possible. 

BELLE PRIERE DE JEAN GRENIER + 1971



Ô Toi qui ne fait aucune différence entre les êtres et pour qui le jour et la nuit sont équivalents,
Délivre-moi du mal c'est à dire de la croyance que quelque chose est à éviter et par conséquent de 
la peur et des scrupules.
Délivre-moi du bien c'est à dire de la croyance que quelque chose puisse être désiré
et par conséquent de l'envie, de la jalousie de la cupidité et de l'orgueil

Jean  Grenier

ATTENDRE....

Attendre : pourquoi est-ce si difficile ? Parce que l’attente est une contradiction vécue : elle est un mouvement immobile. Un mouvement : tout notre être est tendu vers ce bus qui doit venir…
Mais immobile : il n’est pourtant pas possible d’aller vers lui, sous peine de le croiser, et donc de le rater. Aussi trépigne-t-on dans cette salle qu’on dit « des pas perdus » : on va, sans avoir où aller.
J’ai toujours été sensible à l’impatience presque palpable qui flotte dans les halls de gare, les couloirs d’hôpital, l’antichambre des cabinets dentaires…
L’homme qui guette son tour dégage une énergie particulière, entre la peur de perdre sa place et le vif désir de la quitter.
Depuis quelque temps, je sens moins cette pesante atmosphère. L’homme serait-il devenu plus patient ?
Disons plutôt qu’il a un smartphone. Il joue en ligne. Il consulte ses messages. Il se distrait et s’extrait de ce qu’il subit. Hors-sol, il est moins désolé du temps qui reste.
La civilité y gagne quelque chose. Mais ce qu’on perd en tension, on le perd en attention. Quand en effet on est contraint à l’épaisseur du temps, ou bien on compte les minutes… ou bien on ouvre son regard.
Une fois reposé le magazine effeuillé par mille yeux, on s’attarde sur le visage de ces codétenus de quelques heures. On esquisse un sourire, parfois une conversation.
L’attente se fait attention. On est plus proche que jamais du souci véritable de sa vie – d’autant plus proche que, pour l’heure, on ne peut rien y faire, sinon le regarder, comme le sculpteur, avant de s’y mettre, prend le temps de contempler le bloc de marbre.
Attendre, c’est être interdit d’aller à son but. C’est le laisser venir à soi. Cette impuissance se nomme aussi hospitalité.
J’y pense, tout à coup : tendre son être au-delà de soi sans pour autant bouger, n’est-ce pas cela qu’on appelle prier ?
Martin Steffens

mardi 24 avril 2018

LE TRAIN DE MA VIE- JEAN D'ORMESSON

Le train de ma vie
A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos Parents.
On croit qu'ils voyageront toujours avec nous.
Pourtant, à une station, nos Parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage.
Au fur et à mesure que le temps passe, d'autres personnes montent dans le train.
Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l'amour de notre vie.
Beaucoup démissionneront (même éventuellement l'amour de notre vie), et laisseront un vide plus ou moins grand.
D'autres seront si discrets qu'on ne réalisera pas qu'ils ont quitté leurs sièges.
Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d'attentes, de bonjours, d'au-revoirs et d’adieux.
Le succès est d'avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu'on donne le meilleur de nous-mêmes
On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons.
Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train, nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continueront leur voyage.
Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.
Aussi, merci d'être un des passagers de mon train.
Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d'avoir fait un bout de chemin avec vous.
Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train.

Texte Jean D'Ormesson

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