jeudi 2 août 2018

Phytospiritualité: Miracle embryonnaire

Phytospiritualité: Miracle embryonnaire: Vivre la naissance d'un enfant est notre chance la plus accessible  de saisir le sens du mot miracle.  Paul Carvel   ******...

ETRE GRAND- MERE


Eh bien, vois-tu, j’apprends. J’apprends le petit, le minuscule, l’infini. J’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne. J’apprends à être transparente, à regarder au lieu d’être regardée. J’apprends le goût de l’instant quand mes mains tremblent, la précipitation du cœur qui bat trop vite. J’apprends à marcher doucement, à bouger dans des limites plus étroites qu’avant et à y trouver un espace plus vaste que le ciel. 

« Comment est-ce que tu apprends tout cela grand-mère ? » 

J’apprends avec les arbres, et avec les oiseaux, j’apprends avec les nuages. J’apprends à rester en place, et à vivre dans le silence. J’apprends à garder les yeux ouverts et à écouter le vent, j’apprends la patience et aussi l’ennui ; j’apprends que la tristesse du cœur est un nuage, et nuage aussi le plaisir; j’apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir et à recommencer sans me lasser. 
J’apprends à me réjouir au début du printemps et à la fin de l’automne, à voir un arc-en-ciel dans une goutte de pluie et une vie entière dans une gouttelette de soleil qui scintille sur une pierre. J’apprends que les chemins se divisent et se perdent, que les regrets sont de petites pierres pointues qui blessent les mains qui les enserrent et qu’il est meilleur que nos mains restent ouvertes. J’apprends mes erreurs, mes chagrins, mes oublis, et toutes les joies qui se faufilent, poissons d’argent dans la masse de notre vie. 

« Grand-mère, je ne comprends pas, pourquoi apprendre tout ça ? » 

Parce qu’il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains, à accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée ; parce qu’avec l’élan de la vague et le long retrait des marées, j’apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux. J’apprends qu’il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur, que leurs yeux reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs. J’apprends qu’on avance mieux en se donnant la main, que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille. Que la route est sans fin, et pourtant toujours exactement là. 

« Et avec tout ça, pour finir, qu’apprends-tu donc grand-mère ? » 

J’apprends, dit la grand-mère à l’enfant, j’apprends à être vieille ! 

PRIERE DE CHARLES DE FOUCAULD



Christ en croix- Chagall
Mon Père,
Je m'abandonne à toi,
fais de moi ce qu'il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt à tout, j'accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon cœur,
parce que je t'aime,
et que ce m'est un besoin d'amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.


lundi 23 juillet 2018

Consoler la Souffrance...ce que dit Marie sur la souffrance

ALEXANDRE JOLLIEN


L’émission les Racines du ciel avec Marion Muller-Colard me rapproche illico de la transcendance. Et je comprends que pour me tourner vers l’Autre Dieu, Celui au-delà de mes représentations étriquées, il me faut quitter les caricatures, les calculs, les projections, autant de frusques jetées sur un Dieu qui heureusement nous échappe. Et d’abord je dois abandonner ce marchandage qui fait de Dieu un concessionnaire du bonheur et le transforme en une sorte d’expert-comptable qui juge, punit et récompense à tour de bras. De là à juger le réel à l’aune de notre conception du juste il n’y a qu’un pas et il est ma foi vite franchi.

Non, la justice n’est peut-être pas de ce monde. Et c’est délivrés de cette attente que nous pouvons progresser et oser un peu plus de solidarité. La théologienne me rapproche de Job pour tenter un véritable compagnonnage avec ce maître de sagesse qui nous apprend précisément à aimer Dieu pour rien, gratuitement.

Mais d’abord, il nous faut décaper notre image de Dieu et pour ce faire nous risquer à un autre usage de la plainte. Car un cœur plein de ressentiment ne saurait s’élever dans la joie. Oser reconnaître que nous n’en pouvons plus, que notre condition est tragique représente une étape décisive vers la paix du cœur. La franchir, c’est sans doute passer de la résignation à l’acceptation libre et joyeuse de l’existence.

BELLE PRIERE

I
l y a de ces matins de tendresse où tout,
les gens et les choses vous disent : "je t'aime..."
Il y a de ces midis de lumière
où la nature tout entière vous répète :
"c'est bon la vie..."
Il y a de ces soirées de beauté
où les étoiles elles-même vous murmurent :
"Tu n'en finiras jamais de t'émerveiller..."
On a l'impression de marcher
sur des tapis de velours,
de naviguer sur des eaux moirées
et de voler dans des ciels d'azur.
On se sent capable
de tenir l'univers dans ses bras,
d'abattre des forêts entières, de vivre mille vies.
C'est merveilleux !
Mais il y a aussi de ces nuits de grande noirceur
où l'on se répète sans cesse :
"Quand cela vat-til finir ?"
Il y a des hivers de tristesse où l'on si dit, comme Job :
"Périsse le jour où je suis né !"
Il y a de ces nuits de douleur
où l'on crie à s'époumonner :
"Je n'en peux plus !"
On a des nœuds dans l'estomac,
des questions sans réponses plein la tête,
des problèmes plein les bras.
On est sans espoir, sans élan, sans souffle.
On voudrait mourir.
On est las de traîner sa vie.
C'est terrible !
Aux jours de doux temps
comme aux jours de tempête,
"Reste avec nous !"
Pour la lumière, merci !
Que je ne t'oublie pas quand il fait beau
et que je ne t'accuse pas quand il fait mauvais.
Abbé Jules Beaulac (1933-2010), Prêtre du Diocèse de Saint-Hyacinthe au Québec qui a exercé son ministère de la Pastorale de la Miséricorde dans le milieu carcéral pendant quinze ans de 1980 à 1995.

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