jeudi 6 décembre 2018

QUE VEUT DIRE LOUER?

FRA ANGELICO
u’est-ce que la louangesi ce n’est une reconnaissance de notre précarité ? Nous ne sommes pas maîtres de la vie, nous l’avons reçue. Louer l’autre, c’est reconnaître sa place avant la nôtre. Nous ne sommes pas maîtres des autres, la relation prime sur les pôles qu’elle unit... L’homme est d’abord relation et non un être autonome et seul. « Louer le Dieu créateur, abstraction faite de Dieu, c’est vivre dans cette double disposition, contre l’illusion de la toute puissance et la folie d’une domination sans mesure ».
Article  Garrigues et  Sentiers (extrait d'un livre de  Didier TRavier -protestant )

L' AVENT- PREPARATION A NOËL

Lorsque nous considérons les audacieuses promesses de récompense des évangiles et leur caractère extraordinaire et incroyable, il semble que les découvertes et les désirs du Seigneur ne sont non pas trop forts mais trop faibles.
Nous sommes des créatures au cœur partagé, attirées jusqu’à l’ineptie par l’alcool et par le sexe, et poursuivant des folles ambitions, alors qu’une joie infinie nous est offerte.
Nous agissons comme des enfants ignorants qui feraient des pâtés avec de la boue près d’un taudis, parce qu’ils sont incapables d’imaginer ce que signifie l’offre qui leur est proposée de partir en vacances à la mer.
Nous nous satisfaisons de bien trop peu…
C. S. Lewis, "The Weight of Glory", and "Other Addresses" (Grand Rapids, Mich.: Eerdmans, 1965), 2.

lundi 3 décembre 2018

OU COURS- TU ?- CHRISTIANE SINGER

Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation
qui a le vide et le silence en horreur
d’entendre la petite phrase qui, à elle seule,
peut faire basculer une vie :
«Où cours-tu ?»
Il y a des fuites qui sauvent la vie :
devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent :
la fuite devant soi-même.
Et la fuite de ce siècle devant lui-même
est celle de chacun de nous.
«Où cours-tu ?»
Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face –,
alors se révélerait l’inattendu :
ce que depuis toujours nous recherchons dehors
veut naître en nous.
Christiane Singer

CHRISTIANE SINGER- PERSEVERER

« Persévérer à chercher davantage la saveur que le savoir,
le balbutiement que la rhétorique satisfaite.
Persévérer en ces temps de fer à faire crédit à ce qui est fragile,
à ce qui vacille, à ce qui fait faillite.
Persévérer à avoir foi en chaque homme,
à préférer être déçu dix fois
plutôt qu’hostile une seule fois.
Persévérer à n’investir que dans le sable qui coule entre les doigts
et dans les espérances non cotées en bourse.
Persévérer à croire que l’instinct primordial en chaque homme
est la vénération et que c’est la répression de ce désir
qui rend haineux et fou.
Persévérer à voir Dieu partout. Entre les lignes des slogans,
dans les caniveaux des villes et sur les murs des banlieues,
à l’entendre dans le braillement des haut- parleurs,
dans le crissement des freins et dans le frrrrrt…d’un oiseau envolé.
Persévérer à préférer que la raison me quitte plutôt que l’espoir.
Et l’espoir plutôt que l’amour.
Persévérer.
Pour que la gangrène de l’indifférence ne se propage pas. »
Christiane Singer

Texte paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 229

LA BEAUTE : CHEMIN VERS LE CHRIST

KUSH
La beauté devant moi fasse que je marche.
La beauté derrière moi fasse que je marche.
La beauté au-dessus de moi fasse que je marche.
La beauté au-dessous de moi fasse que je marche.
La beauté tout autour de moi fasse que je marche.
Strophe du Kledze Hatal, ou « Nuit des Chants »
Chant shaman navajo
Christ devant moi,
Christ derrière moi,
Christ sur moi,
Christ sous de moi,
Christ en moi et à côté de moi
Christ à ma droite,
Christ à ma gauche
Christ autour et alentour, 

jeudi 29 novembre 2018

VIVRE ; LAISSER S'EN ALLER


Vivre, c'est aussi laisser s'en aller, quitter, abandonner, lâcher autant de redoutables épreuves qui peuvent nous détruire. Qu'adviendrait-il si l'on se réconciliait avec le caractère transitoire de l'existence ? Pour ne pas s'abîmer dans de vaines querelles ni dans la poursuite de biens imaginaires, il nous faut épouser chaque jour le tragique d'une vie qui nous échappe. Comme en un jeu d'échec il s'agit de se familiariser avec les règles pour bâtir une liberté avec virtuosité. Se rappeler que tôt ou tard on cassera sa pipe, c'est congédier tout esprit de sérieux et commencer à vivre pour de bon. D'apaisants mantras du Bouddha me vaccinent contre toute fuite vers une sécurité illusoire et m'invitent à habiter le réel comme il faut.

Mais où trouver un véritable refuge, une paix authentique ? Comment ne pas s'enliser dans le pessimisme ? Sans béquilles, dépourvus des habituels anesthésiants du quotidien, nous pouvons oser l'aventure sous l'horizon de notre finitude et découvrir le cadeau inouï, proprement miraculeux, de vivre, de grandir et d'aimer. Surtout, il faut se garder de confondre le tragique de notre condition, qui réclame l'allégresse et la générosité, des psychodrames qui nous agitent à longueur de journée. 

Par Alexandre Jollien, philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Son dernier livre, Vivre sans pourquoi : Itinéraire spirituel d'un philosophe en Corée, est paru au Seuil.

source : La Vie

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