mercredi 23 janvier 2019

Qu'est-ce que la FOI- JEAN SULIVAN

La foi, contre l’endurcissement
GIOTTO -détail
La foi n’est pas une conviction, elle est sa propre preuve, lumière et vie, elle ne donne la joie qui soulève la vie que si elle est risquée dans une histoire vivante. La vérité qui n’est plus réchauffée dans une conscience d’homme est une vérité trahie. Quand la source tarit, on fabrique des manuels, on majore les obligations…, un dôme de plomb pour oublier la toute-puissance de la Parole, d’une parole de Dieu nourrie de la chaleur d’une conscience d’homme. Est-ce qu’on perd la foi ? On s’aperçoit qu’on ne l’avait pas. Quand les conditions changent les habitudes, quand les idées accumulées se défont, que les sentiments imités retombent, elle disparaît, c’est tout : ce n’était pas la foi. La vérité qui n’est pas nourrie, portée, réchauffée dans chaque esprit, dans chaque cœur d’homme devient une vérité abstraite, stérile, ennuyeuse, agressive. Hésiter, se reprendre, souffrir de ne savoir dire, participer, être là avec ce qu’on est, cela seulement, avec ses péchés, sa pauvreté spirituelle au lieu de jouer sempiternellement le rôle de l’homme omniscient, cesser de mentir sincèrement eût été mieux. La foi, c’est la vie joyeuse, éternelle, commencée, expérimentée en quelque manière, pas une idée.
Jean Sulivan
Jean Sulivan est le pseudonyme d’auteur de Joseph Lemarchand († 1980), prêtre et écrivain français. / Le plus petit abîme, Paris, Gallimard, 1965, p. 15s.

vendredi 21 décembre 2018

NOËL - MESSAGE 2018 POUR COMBATTRE LA HAINE



J'atteste ,

j'atteste  qu'il n'y a d'être humain que celui
dont le coeur tremble d'amour
pour tous ses frères en humanité.
Celui qui désire ardemment  plus pour eux 
que pour soi-même: liberté, paix, dignité.
Celui qui considère que la  vie est encore plus sacrée
que ses croyances et ses divinités.
J'atteste qu'il n'y a d'être humain
que celui qui combat sans relâche la haine
en lui et autour de lui.
Celui qui dès qu'il ouvre les yeux le matin
se pose la question: que vais-je faire aujourd'hui
pour ne pas perdre ma qualité
et ma fierté d'être humain?

                                   ABDELLATIF LAÂBI, poète marocain

JOYEUX NOËL- Christian Bobin

comme Enfance

« Quand je vois quelqu'un de vivant, je revois l'enfant qu'il est ou qu'il était. L'enfance n'est peut-être pas une question d'âge ni d'état civil. Quand Matisse fait ses papiers découpés, il arrive vers la fin de son travail de peintre, mais il a une petite âme de 3 ou 4 ans qui taille des feuilles de couleur. Mon enfance grandit de plus en plus chaque jour, elle n'est pas en arrière de moi, elle n'est pas dans ma mémoire, elle n'est pas un souvenir : c'est elle qui écrit. Moi, je n'écris pas. C'est l'enfant en moi qui écrit. Je lui passe le feutre, à charge pour lui de faire les livres. Je me contente de les relire...
 J'ai un visage en argile, ce que je ressens s'imprime tout de suite dessus. C'est la raison pour laquelle les nouveau-nés sont mes frères. Car si une ombre les traverse, elle va les emporter tout entier. Si un rire les secoue, il va les secouer tout entier. Je ressens les événements de cette vie avec la même force que celle qu'on attribue aux enfants. Le vrai nom de l'enfance, c'est l'esprit, un mélange de gravité et de fantaisie et la capacité de faire face dans le noir en sifflotant un air pour se donner du courage. De là naissent mes livres. »
Christian Bobin

jeudi 6 décembre 2018

ABBE PIERRE - BEAU PETIT TEXTE

« Je continuerai à croire, même si tout le monde perd espoir.
Je continuerai à aimer, même si les autres distillent la haine.
Je continuerai à construire, même si les autres détruisent.
Je continuerai à parler de paix, même au milieu d’une guerre.
Je continuerai à illuminer, même au milieu de l’obscurité.
Je continuerai à semer, même si les autres piétinent la récolte.
Et je continuerai à crier, même si les autres se taisent.
Et je dessinerai des sourires sur des visages en larmes.
Et j’apporterai le soulagement, quand on verra la douleur.
Et j’offrirai des motifs de joie là où il n’y a que tristesse.
J’inviterai à marcher celui qui a décidé de s’arrêter…
Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés. »
Abbé Pierre.

QUE VEUT DIRE LOUER?

FRA ANGELICO
u’est-ce que la louangesi ce n’est une reconnaissance de notre précarité ? Nous ne sommes pas maîtres de la vie, nous l’avons reçue. Louer l’autre, c’est reconnaître sa place avant la nôtre. Nous ne sommes pas maîtres des autres, la relation prime sur les pôles qu’elle unit... L’homme est d’abord relation et non un être autonome et seul. « Louer le Dieu créateur, abstraction faite de Dieu, c’est vivre dans cette double disposition, contre l’illusion de la toute puissance et la folie d’une domination sans mesure ».
Article  Garrigues et  Sentiers (extrait d'un livre de  Didier TRavier -protestant )

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