Cueille le temps
Jules Beaulac
Tu ne peux pas retenir le temps.
Il passe.
Il coule entre tes doigts
comme l'eau de la fontaine.
Il glisse dans ta main
comme le sable de la mer.
Tu ne peux rattraper le passé.
Il n'est plus.
Il s'en est allé
comme le couchant d'hier.
Il est disparu
comme un souvenir perdu.
Tu ne peux emprisonner le futur.
Il n'est pas encore.
Il viendra à son heure
comme le levant de demain.
Il te rejoindra
comme la vague qui s'approche du rivage.
Mais tu peux toujours cueillir le présent
comme un beau présent de Dieu.
Ce présent est comme un grand arbre :
il plonge ses profondes racines
dans ton passé tout plein
de souvenir et d'expérience,
comme une sagesse accumulée.
Et il lance ses longues branches
vers ton futur tout plein
de promesse et d'espérance,
comme un projet emballant.
Le présent est fait
de ton passé qui n'est plus
et de ton futur qui n'est pas encore.
Prends le temps qui t'est donné
à chaque instant qui passe.
Cueille-le précieusement
comme l'eau du ruisseau
qui t'est toujours disponible.
Ne gaspille pas ton temps,
c'est un cadeau de Dieu.
Ne passe pas ton temps
à courir après le temps.
Prends ton temps.
Ne dis pas : je n'ai pas le temps.
Dis plutôt : j'ai tout mon temps.
Ne sois pas avare de ton temps.
Donne de ton temps aux autres
comme Dieu te le donne à toi.
Ne cours pas tout le temps,
prends ton temps.
Et laisse au temps
le temps
de faire son temps.
Alors, tu gagneras du temps.
Et tu découvriras
que c'est beau et bon le temps,
que c'est plein de Dieu dedans.
spiritualité 2000
samedi 3 novembre 2012
JEAN CLAUDE GUILLEBAUD
Au début des années 1990 – et non sans naïveté – un ouvrage du sociologue Gilles
Lipovetsky décrivait l’avènement d’un hédonisme joyeux, l’émergence d’une éthique légère
et pragmatique, où précaution et réglementation viendraient remplacer l’interdit ou le devoir.
Finie la pesanteur de « l’obligation » ! L’individu rendu à son innocence entend jouir de la vie
sans autre limites que celles de sa propre responsabilité1 ; ou à la rigueur celles fixées par une
loi « neutre », c’est-à-dire débarrassée de tout moralisme. « Fille des Lumières, écrit Alain
Besançon, la démocratie est optimiste et pélagienne. Elle ignore le péché originel. Elle croit au progrès, à la poursuite du bonheur, à l’adoucissement des moeurs2. »
De fait, le discours de la déculpabilisation et devenu omniprésent. Il est rare de passer une journée sans entendre stigmatiser la persistance, ici ou là, de quelques traces résiduelles d’une mauvaise conscience contre laquelle le combat est aussitôt requis. Comme l’écrivait Nietzsche dans La Généalogie de la morale, la mort de Dieu n’aurait pas complètement délivré l’homme de la malédiction originelle. Il ne se serait pas encore tout à fait libéré de« l’imposture de la morale ». Mais cela viendra... Sur la route de l’innocence, la lutte doit continuer. On nous adjure de congédier nos anciennes « hontes ». Cette invitation – voire
cette réquisition – s’accompagne le plus souvent d’une stigmatisation de la « morale judéochrétienne
», présentée comme la source de nos malheurs intimes : interdits sexuels de la Torah, péché originel théorisé par saint Augustin, vieux blocage catholique sur l’argent
assimilé au mal, etc. « Régulièrement, revient dans les médias le vieux reproche fait au judéochristianisme
d’avoir culpabilisé l’humanité en la confrontant sans cesse à l’abîme du péché3.»
Jean Claude Guillebaud
Lipovetsky décrivait l’avènement d’un hédonisme joyeux, l’émergence d’une éthique légère
et pragmatique, où précaution et réglementation viendraient remplacer l’interdit ou le devoir.
Finie la pesanteur de « l’obligation » ! L’individu rendu à son innocence entend jouir de la vie
sans autre limites que celles de sa propre responsabilité1 ; ou à la rigueur celles fixées par une
loi « neutre », c’est-à-dire débarrassée de tout moralisme. « Fille des Lumières, écrit Alain
Besançon, la démocratie est optimiste et pélagienne. Elle ignore le péché originel. Elle croit au progrès, à la poursuite du bonheur, à l’adoucissement des moeurs2. »
De fait, le discours de la déculpabilisation et devenu omniprésent. Il est rare de passer une journée sans entendre stigmatiser la persistance, ici ou là, de quelques traces résiduelles d’une mauvaise conscience contre laquelle le combat est aussitôt requis. Comme l’écrivait Nietzsche dans La Généalogie de la morale, la mort de Dieu n’aurait pas complètement délivré l’homme de la malédiction originelle. Il ne se serait pas encore tout à fait libéré de« l’imposture de la morale ». Mais cela viendra... Sur la route de l’innocence, la lutte doit continuer. On nous adjure de congédier nos anciennes « hontes ». Cette invitation – voire
cette réquisition – s’accompagne le plus souvent d’une stigmatisation de la « morale judéochrétienne
», présentée comme la source de nos malheurs intimes : interdits sexuels de la Torah, péché originel théorisé par saint Augustin, vieux blocage catholique sur l’argent
assimilé au mal, etc. « Régulièrement, revient dans les médias le vieux reproche fait au judéochristianisme
d’avoir culpabilisé l’humanité en la confrontant sans cesse à l’abîme du péché3.»
Jean Claude Guillebaud
mardi 30 octobre 2012
CE QUI EST DESOLANT...
CE QUI EST DESOLANT
Ce n'est pas d'avoir des problèmes, c'est de ne pas chercher de solutions;
Ce n'est pas d'avoir eu des échecs,
c'est de ne pas continuer;
Ce n'est pas de tomber souvent,
c'est de ne pas se relever plus souvent;
Ce n'est pas d'avoir peu d'argent,
c'est de ne pas enrichir son esprit;
Ce n'est pas d'avoir été refusé,
c'est de ne pas demander une fois de plus;
Ce n'est pas d'avoir été insulté, c'est de ne pas sourire;
Ce n'est pas d'avoir été déçu, c'est de ne pas espérer encore;
Ce n'est pas d'avoir été trahi, c'est de ne pas pardonner;
Ce n'est pas de manquer de maturité,
c'est de ne pas chercher à mûrir;
Ce n'est pas d'avoir fait faillite,
c'est de ne pas essayer une autre fois;
Ce n'est pas d'avoir des handicaps,
c'est de ne pas les surmonter;
Ce n'est pas d'être laid, c'est de ne pas embellir sa vie;
Ce n'est pas d'être illettré,
c'est de ne pas chercher à s'instruire;
Ce n'est pas d'avoir des difficultés,
c'est de ne pas persévérer.
www.lapetitedouceur.org
lundi 29 octobre 2012
LA MORT
"Pleurer la mort de quelqu'un n'est pas une preuve d'amour véritable. Cela relève seulement de l'amour de l'objet, de sa forme. Ceci n'est pas de l'amour. Le véritable amour se reconnaît à la certitude que l'objet l'amour est dans le Soi et ne peut jamais cesser d'exister."
L'enseignement de Ramana Maharshi, 203.
UNE HISTOIRE D'ANGE
Gozzoli-Firenze
Un ange tenait boutique. Un client entra et demanda :- Je voudrais acheter un peu de paix.
- Je regrette mais je n’en ai pas, dit l’ange
- Un peu d’amour alors…
- Désolé, mais…
- Bon, je vais prendre un peu de sérénité.
- C’est que,.. euh…
- Mais vous n’avez donc rien dans cette boutique !
- Ne m’en veuillez pas, dit l’ange, moi je ne vends que les graines...
dimanche 28 octobre 2012
L'ESPRIT
Dans quelles dispositions l'Esprit veut-il nous trouver ? « Soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces. » Il ne revient jamais les mains vides de la table du ciel et de toutes les joies qu'elle prodigue.
Il nous faut donc veiller, et veiller à toute heure, car nous ne savons jamais à quelle heure l'Esprit va venir, ni à quelle heure il s'en ira une nouvelle fois.
L'Esprit va et vient (Jn 3,8) ; si grâce à lui on tient debout, lorsqu'il se retire, on tombe inévitablement, mais sans se briser, car le Seigneur nous retient par la main.
Et l'Esprit ne cesse de faire vivre cette alternance de présence et d'absence à ceux qui sont spirituels, ou plutôt à ceux qu'il a l'intention de rendre spirituels.
C'est pourquoi il les visite à l'aube, puis soudain les met à l'épreuve.
Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermons sur le Cantique des Cantiques, n°17, 2
Il nous faut donc veiller, et veiller à toute heure, car nous ne savons jamais à quelle heure l'Esprit va venir, ni à quelle heure il s'en ira une nouvelle fois.
L'Esprit va et vient (Jn 3,8) ; si grâce à lui on tient debout, lorsqu'il se retire, on tombe inévitablement, mais sans se briser, car le Seigneur nous retient par la main.
Et l'Esprit ne cesse de faire vivre cette alternance de présence et d'absence à ceux qui sont spirituels, ou plutôt à ceux qu'il a l'intention de rendre spirituels.
C'est pourquoi il les visite à l'aube, puis soudain les met à l'épreuve.
Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermons sur le Cantique des Cantiques, n°17, 2
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