GIOTTO ASSISE
"Le seigneur m'a fait voir que la plus haute activité de l'homme et sa maturité ne consistent pas en la poursuite d'une idée, si élevée et si sainte soit-elle, mais dans l'acceptation humble et joyeuse de ce qui est, de tout ce qui est. L'homme qui suit son idée reste enfermé en lui-même. Il ne communie pas vraiment aux êtres. Il ne fait jamais connaissance avec l'univers. Il lui manque le silence, la profondeur et la paix. La profondeur d'un homme est dans sa puissance d'accueil. La plupart des hommes demeurent isolés en eux-mêmes, malgré toutes les apparences. Ils sont pareils à des insectes qui ne parviennent pas à se dépouiller de leur coque. Ils s'agitent désespérément à l'intérieur de leurs limites. Au bout du compte, ils se retrouvent comme au départ. Ils croient avoir changé quelque chose, mais ils meurent sans avoir vu le jour. Ils ne se sont jamais éveillés à la réalité.
Ils ont vécu en rêve."
Éloi Leclerc "Sagesse d'un pauvre" p 135
Ce qu'il restera
Oui, nos mains vont disparaître...
Mais nos poignées de mains,
Mais nos signes de bonjour,
Mais nos gestes d’adieu,
Mais l’invisible chemin de nos caresses...
Nous n’allons pas les brûler.Oui, nos pieds vont disparaître...
Mais la foulée de nos promenades,
Mais l’élan de nos courses,
Mais le saut de nos jeux,
Mais le pas de nos danses et de nos rendez-vous...
Nous n’allons pas les noyer.
Oui, nos visages vont disparaître,
Et nos oreilles, et nos lèvres et nos yeux...
Mais nos sourires, mais nos écoutes,
Mais nos regards, mais nos baisers...
Nous n’allons pas les enterrer.
Gabriel Ringlet
ARCABAS
Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous
ainsi à regarder le ciel, dans l’admiration
Si la vie c'est ce qui nous arrive, alors c'est déjà tout vécu
Car il ne nous arrive rien d'autre que ce qui est déjà arrivé à tout le monde.
il nous arrive de "tomber" amoureux
ou de tomber malade (on tombe beaucoup dans la vie)
Il nous arrive d'être grand père
il nous arrive d'arriver à une bonne situation
Il nous arrive de perdre un être cher
Il nous arrive un jour qui est le dernier.
On ferait aisément une liste de ce qui arrive
à un homme dans la vie
et chacun verrait que sa vie est déjà toute entière là dedans
Comme les douze coups de minuit sont déjà dans le premier.
Seulement ,la vérité c'est que la vie n'est pas
dans ce qui nous arrive.
la vie, c'est ce que nous faisons avec ce qui nous arrive.
Tout le monde vieillit,mais chacun a sa manière de vieillir
et c'est là que la vie de chacun de nous
peut ne plus ressembler à la vie de tous.
Tout le monde est malade un jour ou l'autre
mais si les maladies se ressemblent
les malades sont tous différents
selon ce qu'ils savent tirer de leur maladie.
Et c'est là qu'on voit des choses neuves, originales
jamais vécues par personne d'autre qui étonnent et ravissent Dieu lui même
Notre vraie vie quoi
la vie n'est pas dans ce qui nous arrive
LA VIE C'EST CE QUE NOUS FAISONS DE CE QUI NOUS ARRIVE
L'Ormeau 1999
Ce que la méditation a de si suspect pour l'ordre social et économique, c'est qu'elle nous apprend à nous mouvoir ailleurs, dans un univers dont les richesses innombrables échappent aux circuits monétaires et marchands.
Christiane Singer
Tu m’as appelé, tu as crié, tu as vaincu ma surdité; tu as brillé, tu as resplendi, et tu as dissipé mon aveuglement; tu as répandu ton parfum, je l’ai respiré et je soupire maintenant pour toi; je t’ai goûtée, et j’ai faim et soif de toi; tu m’as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en toi. »« Lorsque je te serai uni par tout moi-même, il n’y aura plus pour moi de douleur ni de fatigue. Ma vie, toute pleine de toi, sera vivante. Celui que tu combles, tu l’allèges, car lorsque je ne suis pas comblé par toi, je me suis à charge à moi-même. Mes joies, dont je devrais pleurer, sont encore en lutte avec mes tristesses, dont je devrais me réjouir. De quel côté apparaîtra la victoire, je l’ignore. »
« Malheureux que je suis ! Seigneur, prends pitié de moi. Hélas ! Tu vois : je ne cache pas mes plaies ; tu es le médecin, je suis malade ; tu es miséricordieux, je suis misérable. »« N’est-ce pas que la vie de l’homme sur la terre est une corvée ? Qui peut désirer des peines et des tracas ? Tu ordonnes de la supporter, non de les aimer. Personne n’aime ce qu’il supporte, bien qu’il aime à supporter.
On beau se réjouir de supporter, on préférerait n’avoir rien à supporter. Dans l’adversité, j’aspire au bonheur; dans le bonheur, je redoute l’adversité. Entre ces deux extrêmes, y a-t-il un milieu, où la vie humaine ne soit pas une « corvée » ? Malheur aux prospérités du monde, oui, deux fois malheur, et parce qu’on y craint l’adversité, et parce que la joie y corrompt. Malheur aux adversités du monde, oui, deux et trois fois malheur ! Parce que l’on continue à désirer l’adversité, parce que l’adversité elle-même est pénible, et que la patience peut y faire naufrage ! N’est-ce pas que la vie de l’homme sur la terre est une corvée. Sans aucun interruption. »« Et toute mon espérance n’est que dans ta grande miséricorde. »
(Extrait des « CONFESSIONS»)