lundi 17 mars 2014

ALEXANDRE JOLLIEN HANDICAPE-LE BONHEUR- LA JOIE

A. J. : J’ai dû me battre pour accepter la possibilité d’être heureux malgré les circonstances. J’ai mis longtemps à accepter l’idée que le bonheur ne soit pas insupportable, en particulier quand ma petite fille est née. Mais je suis en train de me libérer de l’idée du bonheur, pour aller vers la joie. La modernité véhicule une idée du bonheur qu’on identifie platement à l’hédonisme ou au bien-être… C’est une définition très pauvre, négative et assez fade, qui résume le bonheur à l’absence de tristesse, à la négation de tout ce qui contrarie le plaisir. La grande, l’infinie différence entre le bonheur et la joie tient en ce que la joie intègre les malheurs, les peines, les difficultés que le « bonheur » exclut. Être joyeux, c’est assumer la tristesse. Être heureux, c’est la récuser, croire qu’on peut (et qu’on doit) vivre sans elle. Le bonheur est belliqueux, la joie fait la paix. 

Alexandre Jollien

dimanche 16 mars 2014

NE T'ARRËTE PAS

NON NE T'ARRÊTE PAS
C'EST UNE GRÂCE DIVINE
QUE DE BIEN COMMENCER
C'EST UNE GRÄCE PLUS GRANDE
QUE DE PERSISTER DANS LE BON CHEMIN
DE MAINTENIR LE RYTHME.
MAIS LA GRACE DES GRACES
 C'EST DE NE PAS FLECHIR
TENANT OU N'Y TENANT PLUS
EN MORCEAUX, HARASSE
D'AVANCER JUSQU'AU BOUT

DON HELDER CAMERA

jeudi 13 mars 2014

JE CHERCHE LA GRANDE DOUCEUR


Je cherche la grande douceur
celle que personne n'a jamais vue
et dont l'existence ne fait aucun doute
car c'est à elle qu'on doit la beauté
odorante des jacinthes,
la lumière dans les yeux étonnés
des bêtes et tout ce qu'il y a sur terre
et dans les livres de bienfaisant

Christian Bobin -Ressusciter p44

LES MERES



MA MERE DANS CES INSTANTS S'INSCRIT
DANS LA LIGNEE DE CES FEMMES QUI,
DEPUIS LE DEBUT DU MONDE DONNENT
A LA VIE SA NOURRITURE DE CLARTE JUSQUE 
DANS LE NOIR

                                CHRISTIAN BOBIN-
                                   La présence pure

LA CONSCIENCE

LA BÊTE QUI RONGE LEUR CONSCIENCE
LEUR EN LAISSE ASSEZ
POUR QU'ILS CONNAISSENT PAR INSTANT
L'HORREUR D'ÊTRE LA

CHRISTIAN BOBIN

dimanche 9 mars 2014

LE STRESS

Si nous sommes ainsi possédés par Ça-tend, c’est que « se contenter d’être », comme disait Etty Hillesum, nous fait aussi terriblement peur. Si je me relaxe vraiment, est-ce que je ne risque pas de disparaître ? La détente profonde est accompagnée d’une perte du sens de l’ego et cette expérience de spatialité lumineuse, tellement libératrice et que nous désirons tant, nous terrorise. C’est pourquoi, fréquemment, nous ne convoitons pas réellement l’objet de notre quête, mais plutôt le bénéfice que celle-ci nous offre de demeurer tendus.

Dhainaut

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