jeudi 11 février 2016

PARLER DE DIEU- COMMENT FAIT- ON AUJOURD'HUI- BOBIN


Parler de Dieu, comment fait-on aujourd’hui ? 

C’est devenu presque insupportable pour la plupart des gens car ils ont souvent une définition très simpliste de Dieu. Le grand penseur et poète, Jean Grosjean, qui fut aussi prêtre, écrivait : « Dieu, c’est l’abîme intérieur ». Dieu, c’est notre abîme intérieur. Ce n’est pas une autorité qui viendrait nous écraser ou nous culpabiliser. Ce n’est pas non plus quelqu’un qui vient nous dire comment il faut vivre. C’est l’insondable en nous mais qui fait que nous vivons, c’est-à-dire que nous inventons, que nous créons, que nous jouons, que nous rions. Voyez, c’est à peu près l’inverse de tous les intégrismes. C’est une puissance vitale qui traverse la mort mais qui n’en est pas défaite, c’est comme un printemps portatif.

Christian BOBIN

CHRISTIAN BOBIN- VIDEO


Christian Bobin VIP par supervielle

QU'EST- CE QUE LA "GRÂCE" DE DIEU ?

Dieu nous aime gratuitement, a affirmé le Pape, comme une mère son enfant. Et l’enfant « se laisse aimer » : « C’est la grâce de Dieu ».
« Mais nous, si souvent, pour être certains, nous voulons contrôler la grâce » et « dans l’histoire et aussi dans notre vie nous sommes tentés de mercantiliser la grâce »d’en faire « une marchandise ou une chose que l’on peut contrôler », en nous disant : « Mais moi j’ai tellement de
grâce »
, ou encore : « J’ai l’âme propre, je suis en état de grâce ».
« Et c’est ainsi que cette vérité si belle de la proximité de Dieu glisse dans une comptabilité spirituelle : "Non, moi je fais telle ou telle chose parce que cela me procurera 300 jours de grâce… Je fais telle autre chose parce que cela me donnera cela, et ainsi j’accumule la grâce". Mais qu’est-ce que la grâce ? Une marchandise ? Cela y ressemble. Et dans notre histoire, cette proximité de Dieu à son peuple a été trahie par cette attitude d’égoïsme qui est la nôtre, celle de vouloir contrôler la grâce, de la mercantiliser. »
Et le Pape de rappeler les groupes qui au temps de Jésus voulaient contrôlesr la grâce : les Pharisiens, rendus esclaves des si nombreuses lois« qu’ils chargeaient sur les épaules du peuple ». Les Saducéens, avec leurs compromis politiques. Les Esséniens, « bons, très bons, mais qui avaient tellement peur, et ne risquaient rien », finissant par s’isoler dans leurs monastères. Les Zélotes, pour qui la grâce de Dieu était « la guerre de libération, une autre manière de mercantiliser la grâce ».

« La grâce de Dieu, a souligné le Pape, c’est autre chose : c’est une proximité, une tendresse. Cette règle sert toujours. Si toi dans ton rapport avec le Seigneur tu ne ressens pas qu’Il t’aime avec tendresse, c’est qu’il te manque quelque chose, c’est que tu n’as pas encore compris ce qu’est la grâce, que tu n’as pas encore reçu cette grâce qui est cette proximité ».

mercredi 10 février 2016

DEBUT DU CARÊME


«  Recherchons donc ce qui contribue à la paix, et ce qui nous associe les uns aux autres en vue de la même construction.  »
Lettre de saint Paul aux Romains, chapitre 14, verset 19

lundi 8 février 2016

LE DJIHADISME

Par ailleurs, penser que le djihadisme procède simplement de la crise économique et sociale aboutit à une double méprise : d’une part, on oublie que le djihad a existé, en d’autres temps, comme une partie essentielle de l’islam ; d’autre part, on laisse croire que, si le système de valeurs technolibéral sortait de la crise, ce serait merveilleux. Or, il y a bien pire que la crise de ce système : ce serait sa réussite. Simone Weil dit que « l’enfer, c’est de se croire au paradis par erreur ».
Ces jeunes ne sont-ils pas de purs « produits » de la société dans laquelle ils ont grandi ? Qu’est-ce que cela dit de notre société ?
Ce serait une grave erreur, en effet, de croire que le djihadisme contemporain est la résurgence d’un obscurantisme prémoderne. Il s’agit au contraire d’un phénomène postmoderne, très conscient des impasses du progressisme. Il se situe donc en rupture, dénonçant l’individualisme et le vide religieux.
Mais il est aussi dans une continuité assez évidente : les jeunes se laissent embrigader par Internet et par des clips tournés comme une bande-annonce de jeu vidéo, avec une mission bien déterminée (établir le califat), comme dans World of Warcraft
Ce sont des re­jetons de la société du spectacle (l’acte terroriste valant avant tout par son impact spectaculaire), des déracinés soumis à la logique de la mondialisation (car ils partent à l’étranger et ne cherchent pas à défendre une famille ou une terre), des collaborateurs d’une puissance industrielle qui marche grâce au pétrole et au trafic d’armes…
Enfin, ils prétendent tout résoudre par des clics et passent assez facilement de la souris au détonateur. Ils sont en cela des produits de notre push-button society, pour reprendre une expression du philosophe Günther Anders.
Fabrice Hadjadj
extrait- www.seraphim-marc-elie.fr

samedi 6 février 2016

TEILHARD DE CHARDIN- EXTRAIT MESSE SUR LE MONDE

Transfiguration
Au commencement, il y avait la puissance intelligente, aimante et active.  Au commencement, il y avait le Verbe souverainement capable de s’assujettir et de pétrir toute Matière qui naîtrait. Au commencement, il n’y avait pas le froid et les ténèbres ; il y avait le Feu. Voilà la Vérité.
Ainsi donc, bien loin que de notre nuit jaillisse graduellement la lumière, c’est la lumière préexistante qui, patiemment et infailliblement, élimine nos ombres. Nous autres, créatures, nous sommes, par nous-mêmes, le Sombre et le Vide.
Vous êtes, mon Dieu, le fond même et la stabilité du Milieu éternel, sans durée ni espace, en qui, graduellement, notre Univers émerge et s’achève, en perdant les limites par où il nous paraît si grand. Tout est être, il n’y a que de l’être partout, hors de la fragmentation des créatures, et de l’opposition de leurs atomes.
Esprit brûlant, Feu fondamental et personnel, Terme réel d’une union mille fois plus belle et désirable que la fusion destructrice imaginée par n’importe quel panthéisme, daignez, cette fois encore, descendre, pour lui donner une âme, sur la frêle pellicule de matière nouvelle dont va s’envelopper le Monde, aujourd’hui.
Je le sais. Nous ne saurions  dicter, ni même anticiper, le moindre de vos gestes. De Vous, toutes les initiatives, à commencer par celle de ma prière.
Verbe étincelant, Puissance ardente, Vous qui pétrissez le Multiple pour lui insuffler votre vie, abaissez, je vous prie, sur nous, vos mains puissantes, vos mains prévenantes, vos mains omniprésentes, ces mains qui ne touchent ni ici, ni là (comme ferait une main humaine), mais qui, mêlées à la profondeur et à l’universalité présente et passée des Choses, nous atteignent simultanément par tout ce qu’il y a de plus vaste et de plus intérieur, en nous et autour de nous.
De ces mains invincibles, préparez, par une adaptation suprême, pour la grande œuvre que vous méditez, l’effort terrestre dont je vous présente en ce moment, ramassée dans mon cœur, la totalité. Remaniez-le, cet effort, rectifiez-le, refondez-le jusque dans ses origines, vous qui savez pourquoi il est impossible que la créature naisse autrement que portée sur la tige d’une interminable évolution.
Et maintenant, prononcez sur lui, par ma bouche, la double et efficace parole, sans laquelle tout branle, tout se dénoue, dans notre sagesse et dans notre expérience, – avec laquelle tout se rejoint et tout se consolide à perte de vue dans nos spéculations et notre pratique de l’Univers. – Sur toute notre vie qui va germer, croître, fleurir et mûrir en ce jour, répétez : « Ceci est mon corps. » – Et, sur toute mort qui s’apprête à ronger, à flétrir, à couper, commandez (mystère de foi par excellence !) : « Ceci est mon sang ! » 
« LA MESSE SUR LE MONDE » – Teilhard de Chardin, 1923

lundi 1 février 2016

PRIERE POUR LA PAIX

Cappadoce-Turquie- fresque

Seigneur, fais que tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté,
de toutes les religions,
du Nord et du Sud, de l’Orient et de l’Occident,
assument leurs responsabilités,
renversent les montagnes des malentendus,
colmatent les crevasses de la haine,
et ouvrent des chemins vers un avenir commun.
Fais taire les armes dans ce monde, qui est notre unique monde,
et fais que résonnent toujours plus fort les clameurs de PAIX.
PAIX pour tous, sans différences.
Seigneur, Dieu unique
Fais de nous tous des instruments de ta PAIX.
Hermann Schalück, ofm
(extrait-spiritualité 2000)

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