vendredi 29 août 2014

LES PETITS CHIENS- MATT 15, 21-28

Je veux être ce chiot qui se nourrit de miettes qui tombent du ciel, de la table du roi. Car une miette de ta parole suffit à nourrir ma miette de foi. Une miette de ton regard suffit pour retrouver courage. Un rien de ta présence emplit ma vie entière, la dilate, l’ancre là où elle doit être, en son port, près de toi.
Rien qu’une miette. Rien de plus.
Je suis de cette meute de petits chiens qui jouent et sautent autour des convives, pour grignoter ici un os de poulet, là une croute de fromage. Animal docile, impur peut-être. Dédaigné sans doute, à tout le moins au temps de Jésus. Fidèle pourtant.


Commentaire de Soeur  ANNE LECU- MATT 15,21-28--  SITE SIGNES DANS LA BIBLE

PENSEES- LE BIEN - LE MAL


Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie ; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver.
Albert Schweitzer
***Qu’est-ce qui reste quand il ne reste rien ? Ceci : que nous soyons humains envers les humains,
qu’entre nous demeure l’entre nous qui nous fait hommes.
Maurice Bellet
***

GAZA- ISAIE 53


Devant Dieu, le serviteur a poussé comme une plante 

chétive, enracinée dans une terre aride. 

Il n'était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son 


extérieur n'avait rien pour nous plaire. 

Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, 


familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se

 détourne ; et nous l'avons méprisé, compté pour rien. 

Livre d'ISAÏE 53, 1...

mercredi 27 août 2014

MAURICE BELLET- LA DIVINE DOUCEUR

La divine douceur est paix, profonde paix, paix miséricordieuse, apaisement.
C’est une main douce et maternelle qui sait, qui conforte, qui répare sans heurt, qui remet dans sa juste place. C’est un regard comme celui de la mère sur l’enfant naissant. C’est une oreille attentive et discrète, que rien n’effraie, qui ne juge pas, qui prend toujours le parti du bon chemin d’homme, où l’on pourra vivre même l’invivable.
Elle est ferme comme la bonne terre sur qui tout repose. On peut s’appuyer sur elle, penser sans crainte. Elle est assez solide pour supporter la détresse, l’angoisse, l’agression, pour tout supporter sans faiblir ni dévier. Elle est constante comme la parole du père qui ne plie pas. Ainsi est-elle le lieu sûr, où je cesse d’être à moi-même frayeur.
Maurice Bellet-théologien

BEAU TEXTE DE MAURICE BELLET

Il n'y a pas d'homme condamné

Si quelqu'un se trouve alors sans Dieu
 sans pensée, sans images, sans mots 
reste du moins pour lui 
ce lieu de vérité : 
aimer son frère qu'il voit. 
S'il ne parvient pas à aimer
parce qu'il est noué dans sa détresse,
seul, amer, affolé, 
reste du moins ceci : 
de désirer l'amour. 
Et si ce même désir 
lui est inaccessible,
à cause de la tristesse et de la cruauté
où il est comme englouti, 
reste encore qu'il peut désirer 
de désirer l'amour.
Et il se peut que ce désir humilié, 
justement parce qu'il a perdu 
toute prétention, touche le coeur 
du coeur de la divine tendresse. 

Maurice Bellet, Incipit (DDB)

ABD AL MALIK


"Il y eut temps où je faisais reproche à mon prochain
Si sa vie n’était pas proche de la mienne
Mais à présent mon cœur accueille toute forme
Il est une prairie pour les gazelles
Un cloître pour les moines
Un temple pour les idoles
Une Kaaba pour le pèlerin
Les tables de la Thora et le livre du Coran
Je professe la religion de l’amour et quelle que soit
La direction que prenne sa monture, cette religion est ma religion et ma foi "

Abd Al Malik, de son vrai nom Régis, est né le 14 mars 1975 à Paris. D'origine congolaise, il retournera avec sa famille à Brazzaville de 1977 à 1981. Il reviendra s'installer définitivement à Strasbourg. Suite au divorce de ses parents, et au fait qu'il vit dans un quartier difficile, Abd Al Malik, tombera peu à peu dans la délinquance. Avec l’Islam, il a trouvé « le vêtement qui correspond à son être». Il choisit le prénom de Abd al-Malik, que l'on peut traduire par serviteur de Dieu. Il a alors 15 ans...

dimanche 24 août 2014

LA SOUFFRANCE

La peur nous fait refuser ce qui est : emportée par la rivière, je suis encore en train de dire : « Je ne veux pas », alors que ma lutte pour ne pas sombrer ne peut passer que par le « oui », total, assumé, prononcé de tout mon être. 
Que faire alors de cette douleur ? Bien sûr, être accompagné, pouvoir dire sa peine dans une oreille attentive, pouvoir se tenir à une main amie aide, sinon à ne plus se sentir seul dans cette souffrance, mais à s’appuyer, à reprendre pied, à reprendre souffle. 
Toutefois cela reste parfois insuffisant pour ne plus être blessé par la seconde flèche. Là, je dois agir, reconnaître la douleur, accepter qu’il y ait cette souffrance dans ma vie. Un ami chrétien me disait : « Je dirais de déposer sa douleur au pied de la Croix. Car Jésus s’est offert pour porter ce qui nous est insupportable. » Pour un bouddhiste, entrer dans le face-à-face silencieux avec le Bouddha au cours de la méditation apporte calme et apaisement.


Et alors, peut-être, après avoir été consumé par cette traversée de la douleur, après que l’acceptation a rafraîchi nos brûlures, lorsque nous avons reconnu la nouvelle force que cette traversée nous a apportée, alors peut-être pourrons-nous tourner la tête et prendre conscience de l’universalité de cette douleur, voir tous les autres qui sont eux aussi emportés dans ce courant de la souffrance – peut-être, après avoir traversé la douleur, pourrons-nous retourner dans la douleur pour tendre la main à celui qui s’y perd... Le début de la compassion ?

Joshin Luce Bachoux, nonne bouddhiste, anime la Demeure sans limites, temple zen et lieu de retraite à Saint-Agrève, en Ardèche.

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