dimanche 22 janvier 2017

LA SOLITUDE DU COEUR - FRERE ROGER DE TAIZE


En tout homme se trouve une part de solitude qu'aucune intimité humaine ne peut combler, pas même l'amour le plus fort entre deux êtres.
Qui ne consent pas à ce lieu de solitude connaît la révolte contre les hommes, contre Dieu lui-même.
Pourtant tu n'es jamais seul.
Laisse-toi sonder jusqu'au coeur de toi-même, et tu verras que tout homme est créé pour être habité.
Là, au creux de l'être, là où personne ne ressemble à personne, le Christ t'attend.
Là se passe l'inattendu.
Passage fulgurant de l'amour de Dieu, le Saint-Esprit traverse chaque être humain comme un éclair dans sa nuit.
Par ce passage, le Ressuscité te saisit, il se charge de tout, il prend sur lui tout ce qui est intolérable,
Après coup seulement, parfois longtemps après, tu le comprendras: le Christ a passé, sa surabondance a été donnée.
Le Christ n'anéantit pas l'homme de chair et de sang.
Dans une communion avec lui, pas de place pour les aliénations.
Il ne brise pas ce qui est en l'homme.
Il n'est pas venu pour abolir, mais pour accomplir.
Quand tu écoutes, dans le silence de ton coeur, il transfigure le plus inquiétant en toi.
Quand tu es enveloppé par l'incompréhensible, quand la nuit se fait dense, son amour est un feu.
A toi de regarder cette lampe allumée dans l'obscurité, jusqu'à ce que l'aurore commence à poindre et le jour à se lever dans ton coeur.

Frère ROGER de TAIZE

SE PLAINDRE...CHRISTIAN BOBIN


Ça ne sert à rien de se plaindre, tout le monde va vous dire que c'est insupportable, tout le monde va vous dire ça, mais tout le monde y participe. Juste faire attention aux siens, faire attention à ce qui se trouve mêlé à nous dans la vie banale. Ceux qui sont là, pas ceux qui sont à dix milles kilomètres et avec lesquels on fait semblant de parler à travers un écran, ça n'a pas de poids ça. 
Mais simplement faire en sorte que les gens qui nous entourent ne dépérissent pas, et peut-être même les aider, les conforter.
..Voilà...
Faire simplement attention au plus faible de la vie, parce que c'est le plus faible qui est le plus réel et parce que c'est ça qui est digne de vivre, et qui vivra toujours d'ailleurs. 

Recueillir ces choses là, porter soin, prendre soin, faire attention, voilà. Ce sont des pauvres verbes mais ce sont des verbes comme des armées en route si vous voulez, ce sont des verbes de grande résistance, et ce qui pour moi est en oeuvre dans ce qu'on appelle la poésie. 

La poésie pour moi, c'est pas une chose désuète, c'est pas un napperon de dentelle sur la table, c'est pas un vieux genre littéraire....C'est la saisie la plus fine possible de cette vie qui nous est accordée, et un soin de regard porté à cette vie. 
Voilà, c'est ça la poésie. C'est pas une chose qui même est tout de suite dans les livres, c'est pas une chose de littérature en tout cas, c'est simplement chercher à avoir un cœur sur-éveillé. Sur-éveillé!"

Christian Bobin

LE CORPS ET L'ESPRIT- RILKE

Un poème de Rilke
« Qu'il est doux parfois d'être de ton avis,
frère aîné, ô mon corps,
qu'il est doux d'être fort
de ta force,
de te sentir feuille, tige, écorce
et tout ce que tu peux devenir encor,
toi, si près de l’esprit.
 
Toi, si franc, si uni
dans ta joie manifeste
d’être cet arbre de gestes
qui, un instant, ralentit
les allures célestes
pour y placer sa vie ».
(Rainer Maria Rilke, Vergers, dans Œuvres 2 Poésie, Seuil, 1972, p. 480).
 
Article paru dans Magnificat, janvier 2017, p. 7-10.

mercredi 18 janvier 2017

BORIS CYRULNIK- MELANGER LE BIEN ET LE MAL

Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik s’interroge pour savoir comment une idéologie ou une religion peut conduire à la tuerie. « La bascule se fait, écrit-il, lorsqu’on se soumet à la théorie de l’Un. Si l’on en vient à penser qu’il n’y a qu’un vrai dieu, alors les autres sont des faux dieux. Ceux qui y croient sont des mécréants dont la mise à mort est quasiment morale »Au nom de la théorie de la race germanique comme Unique expression de la parfaite humanité « on peut être parfaitement éthique avec ses proches, mais les Juifs, ce n’est pas les autres, Les Tziganes, ce n’est pas les autres. (…) Il est moral d’éliminer les Juifs comme il est moral de combattre la souillure d’une société pour que notre belle race blonde aux yeux bleus aryens puisse se développer sainement ». Cyrulnik définit ainsi la source de toutes nos perversions : « est pervers celui qui vit dans un monde sans autre ». Et c’est pourquoi il y a un Dieu pervers, comme l’a admirablement décrit Maurice Bellet2, des morales perverses, des solidarités meurtrières.

BENEDICTION DE L'UNIVERS

La bénédiction des galaxies, la bénédiction des étoiles
Des grandes étoiles, des petites étoiles, des étoiles rouges, des bleues.
La bénédiction de la nébuleuse, la bénédiction de la supernova,
Des planètes, des satellites, des astéroïdes, des comètes.
La bénédiction du soleil et de la lune, la bénédiction de la terre,
Des océans, des rivières, des continents, des chaînes de montagnes.
La bénédiction du vent et des nuages, la bénédiction de la pluie,
Des bancs de brume, des congères, de la foudre et du tonnerre.
La bénédiction des plantes vertes, la bénédiction des forêts :
Cèdres, sapins, fougères, buissons et arbustes.
La bénédiction des poissons et des oiseaux, la bénédiction des mammifères :
Saumons, aigles, couguars et chèvres des montagnes.
Que toute l’humanité offre aussi sa bénédiction :
Les vieilles femmes, les jeunes femmes, les sages et les insensées.
La bénédiction des jeunes, la bénédiction des enfants,
Les grands garçons, les petits garçons, les grandes filles et les petites.
Bénissez la sagesse du Saint qui est au-dessus de nous ;
Bénissez la vérité du Saint qui est au-dessous de nous ;
Bénissez l’amour du Saint en nous.
« Psautier chinook » dans Earth Prayers: 365 Prières, poèmes et invocation du monde entier, sous la dir. de E. Roberts et E. Amidon (New York: HarperOne, 1991), p. 198-199.

dimanche 8 janvier 2017

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