lundi 16 octobre 2017

PUISQUE TOUT EST FINI TOUT EST PERMIS

ETAT islamique

Il y a un an, on pouvait lire sur le site du journal Libération une tribune qui fit grand bruit intitulée : « Puisque tout est fini, alors tout est permis » Elle était l’œuvre d’un collectif de personnes de moins de trente ans qui s’intitulait Catastrophe et commençait ainsi : « Nous avons grandi dans une impasse. (…) Enfants, nous avons pris connaissance du monde en même temps que de sa fin imminente: pas un jour sans qu’on entende à la radio des nouvelles de ces deux sœurs morbides, Mme Dette et Mme Crise, dont les ombres dans nos têtes enflaient sans cesse. Finiraient-elles par exploser? Non: c’est le chômage, le trou de la Sécu et son acolyte de la couche d’ozone qui s’en chargeaient (…).On nous inculquait ce schéma ternaire «prémoderne, moderne, postmoderne», grille de lecture ou tenaille qu’on nous présentait comme neutre quand, insidieusement, celle-là avait déjà décidé pour nous qu’il n’y avait plus rien à faire. On était déjà à l’épilogue du récit mondial de l’humanité. L’hypothèse communiste? Un délire de pyromanes. Mai 1968? Une bataille de boules de neige. L’idéal du progrès ? On avait vu Hiroshima. Les utopies avaient toutes été ridiculisées, la poésie rendue barbare après Auschwitz, les rêves, n’en parlons pas » (1).


Extrait de Garrigues et Sentiers- LE MAL ARRIVE QUAND ON ELIMINE TOUTE IMPREVISIBILITE ( HANNAH ARENDT)

PARDONNER AUX AUTRES



                                 PHRASE TELLEMENT VRAIE.....

TOLERANCE ?

À force de tout voir,
on finit par tout supporter,

À force de tout supporter,
on finit par tout tolérer,

À force de tout tolérer,
on finit par tout accepter,

À force de tout accepter,
on finit par tout approuver
St Augustin

mardi 10 octobre 2017

FRANCOIS d'ASSISE

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25).

LA GLOIRE DE DIEU : SENS DU MOT

GLOIRE. Dans le dictionnaire, le nom est défini comme une action ou des œuvres jugées éclatantes. Lui sont associés les termes célébrité, honneur, renom, majesté, succès.
Dans la tradition judéo-chrétienne, le mot est très présent, il revient plusieurs fois dans la liturgie de l'Église catholique.
Pourtant Jésus, nommé "Roi de Gloire" dans les Évangiles, a suivi un chemin d'abaissement, d'humilité et de dépouillement.
"La gloire de Dieu c'est Dieu lui-même, explique le Fr. Ange Rodriguez, c'est une manière de parler de Dieu sans dire son nom."
Le dominicain est l'un de nos grands témoins pendant le Carême.
"Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu." (1 Co 1, 17-25)*
LA GLOIRE DE DIEU DANS L'ANCIEN TESTAMENT
En hébreu, la gloire se dit kabôd qui signifie "être lourd", "peser".
Tout au long de l'Ancien Testament, les façons dont Dieu se manifeste aux hommes dénotent une vision de Dieu qui n'est pas loin de celle des grandes religions païennes - des dieux qui se manifestent par la puissance et la violence.
"On ne peut pas comprendre sa grandeur si on ne comprend pas sa petitesse" Luther
AVEC LA JÉSUS LA GLOIRE DE DIEU EST "FOLIE"
Dans le Nouveau Testament, la notion de gloire évolue. C'est même un "tournant extraordinaire" qui se fait avec la venue du Christ.
"À Noël les anges ne chantent pas les lumières de la nuée ou la puissance de la mer Rouge, ils chantent ce que Dieu est, son être, qui se manifeste dans un petit enfant", explique le Fr. Ange Rodriguez.
Dans ses écrits, saint Paul en parle, de ce "langage de la croix" qui a tant ébloui les mystiques.
Un Dieu dont "on ne peut pas comprendre sa grandeur si on ne comprend pas sa petitesse", a dit Luther.
*Source: AELF

mardi 3 octobre 2017

GREGOIRE DE NYSSE


Le Seigneur Jésus ne dit pas qu'on est heureux de savoir quelque chose au sujet de Dieu, mais qu'on est heureux de le posséder en soi-même.
En effet, heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Il ne pense pas que Dieu se laisse voir face à face par celui qui aura purifié le regard de son âme.
Mais peut-être la noblesse de cette parole nous suggère-t-elle ce qu'une autre parole exprime plus clairement : Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous.
Voici ce qu'elle nous enseigne : celui qui a purifié son cœur de toute créature et de tout attachement déréglé voit l'image de la nature divine dans sa propre beauté.
Il me semble que dans cette brève formule le Verbe fait tenir l'exhortation suivante : « Hommes qui avez quelque désir de contempler le vrai Bien, vous avez entendu dire que la majesté divine est élevée au-dessus des cieux, que sa gloire est incompréhensible, sa beauté inexprimable et sa nature infinie. Mais ne désespérez pas de parvenir à contempler l'objet de votre désir. » ~
Si tu purifies, par un effort de vie parfaite, les souillures attachées à ton cœur, la beauté divine brillera de nouveau en toi.
C'est ce qui arrive avec un morceau de fer, lorsque la meule le débarrasse de sa rouille. Auparavant il était noirci, et maintenant il brille et rayonne au soleil.
De même l'homme intérieur, que le Seigneur appelle « le cœur », lorsqu'il aura enlevé les taches de rouille qui altéraient et détérioraient sa beauté, retrouvera la ressemblance de son modèle, et il sera bon.
Car ce qui ressemble à la Bonté est nécessairement bon.
Donc celui qui se voit lui-même découvre en soi l'objet de son désir.
Et ainsi celui qui a le cœur pur devient heureux parce que, en découvrant sa propre pureté, il découvre, à travers cette image, son modèle.
Ceux qui voient le soleil dans un miroir, même s'ils ne fixent pas le ciel, voient le soleil dans la lumière du miroir aussi bien que s'ils regardaient directement le disque solaire.
De même vous, qui êtes trop faibles pour saisir la lumière, si vous vous retournez vers la grâce de l'image établie en vous dès le commencement, vous possédez en vous-mêmes ce que vous recherchez.
La pureté, en effet, la paix de l'âme, l'éloignement de tout mal, voilà la divinité.
Si tu possèdes tout cela, tu possèdes certainement Dieu.
Si ton cœur est exempt de tout vice, libre de toute passion, pur de toute souillure, tu es heureux, car ton regard est clair.
Purifié, tu contemples ce que les yeux non purifiés ne peuvent pas voir.
L'obscurité qui vient de la matière a disparu de tes regards et, dans l'atmosphère très pure de ton cœur, tu distingues clairement la bienheureuse vision.
Voici en quoi elle consiste : pureté, sainteté, simplicité, tous les rayons lumineux jaillis de la nature divine, qui nous font voir Dieu.
Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque 
Homélie 6 sur les Béatitudes ; PG 44,1269 (trad. cf bréviaire) 

dimanche 1 octobre 2017

SAGESSE D'UN PAUVRE- ELOI LECLERC (DDB)


Le mot le plus terrible qui ait été prononcé contre notre temps est peut-être celui-ci : « Nous avons perdu la naïveté. »
Dire cela, ce n'est pas nécessairement condamner les progrès des sciences et des techniques dont notre monde est si fier. Un tel progrès est en soi admirable. Mais c'est reconnaître que ce progrès ne s'est pas réalisé sans une perte considérable au plan humain.
L'homme, enorgueilli de sa science et de ses techniques, a perdu quelque chose de sa candeur.
Empressons-nous de dire qu'il n'y avait pas que de la candeur et de la naïveté chez nos pères.
Le Christianisme avait assumé la vieille sagesse paysanne et terrienne, née du contact de l'homme avec la terre.
Et il y avait sans doute encore plus de terre que de Christianisme chez bon nombre de nos pères. Plus de pesanteur que de grâce. Mais l'homme avait alors des racines puissantes.
Les élans de la foi, comme les fidélités humaines, s'appuyaient sur des adhésions vitales et instinctives particulièrement fortes. Celles-ci n'étaient aucunement ébranlées ou énervées. L'homme participait au monde, naïvement.
En perdant cette « naïveté », l'homme a aussi perdu le secret du bonheur.
Toute sa science et toutes ses techniques le laissent inquiet et seul.
Seul devant la mort. Seul devant ses infidélités et celles des autres, au milieu du grand troupeau humain.
Seul aux prises avec ses démons qui ne l'ont pas déserté.
A certaines heures de lucidité, l'homme comprend que rien, absolument rien ne pourra lui rendre une joyeuse et profonde confiance dans la vie, à moins d'un recours à une source qui soit en même temps un retour à l'esprit d'enfance.
La parole de l'Evangile n'est jamais apparue aussi lourde de vérité humaine :
« Si vous ne devenez comme des tout-petits, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. »
Sur ce chemin qui conduit à l'esprit d'enfance, un homme aussi simple et aussi pacifié que saint François d'Assise a quelque chose à nous dire.
Quelque chose d'essentiel et de décisif. Ce saint au Moyen-Age nous est étonnamment proche.
Il semble avoir senti et compris notre drame à l'avance, lui qui écrivait : « Salut, Reine Sagesse, que Dieu te sauve avec ta sœur la pure simplicité. »
Ah ! nous ne le sentons que trop, il ne peut pas y avoir de sagesse pour nous qui sommes si riches de science sans un retour à la pureté de la simplicité.
Eloi  Leclerc- Sagesse d'un pauvre

Livre à lire- Desclée de Brouwer

samedi 30 septembre 2017

CITATION DE STEPHANE HESSEL- UN GRAND MONSIEUR



« Ce que j'ai découvert c'est que la vie est encadrée par l'invisible, que les anges vivent dans cet invisible. Et que notre tâche à nous les hommes est de transformer le visible en invisible. Nous sommes des abeilles qui butinons l'or du visible pour en faire la trame de l'invisible. » 

STEPHANE HESSEL

LA VIE : NE RIEN COMPRENDRE

Vous n’allez rien y gagner, rien y obtenir.
J’ai conscience que ce n’est pas facile à entendre, ami chercheur.
Je sais que tu ne vas pas me croire, car c’est difficile à avaler, toi qui espères tant de cette quête.
J’ai conscience que souvent tu en attends quelque chose de merveilleux, qu’il y a un espoir tellement immense en toi, probablement de sortir de ta condition humaine si difficile, d’améliorer ta vie, ton vécu, que sais-je encore.
Et pourtant, quelle paix de le comprendre !
Quelle joie de ne plus rien attendre de cette quête de soi, de ne plus rien considérer comme acquis!
Quelle beauté d’accepter de n’y rien comprendre !
Et quelle douceur de se déposer dans le cœur même de la vie, pour se laisser bercer dans son mouvement naturel, quel qu’il soit, sans protection!
Juste être, ici et maintenant.
Alors à un moment donné, tu vas t’en rendre compte :
le chemin n’apporte rien du tout.
Absolument rien de personnel.
Rien, rien, rien.
A l’inverse, si tu y consens, cette quête, cette « rencontre inconditionnelle avec soi », cette plongée totale dans le réel va te prendre tout ce qui t’est personnel, tout ce que tu considères comme t’appartenant.
Tu vas te délester.
Le chercheur obtient quelques acquisitions : plus de tranquillité, de douceur, d’amour, de compréhension peut-être.
Quelques belles envolées spirituelles parfois.
Parfois même ça dure un peu, quelques années même, on a l’impression d’être arrivé quelque part, c’est agréable.
Dès qu’il se passe quelque chose, le chercheur en fait un évènement, une acquisition.
L’éveil devient un truc à obtenir, où à retrouver si on l’a «perdu».
Le chercheur fait comme toutes les personnes en ce monde : accumuler des belles choses, rejeter celles qui ne lui plaisent pas.
Mais lorsqu’il les a eues, il peut les perdre.
Sur ce chemin là, on finit toujours par perdre ce qu’on a acquis.
Je l’ai déjà dit ici : tous les états spirituels que vous allez gagner, vous allez les perdre.
La vie va et vient.
Elle fait ce qu’elle veut.
Alors entends-moi bien, surtout la prochaine fois que tu auras l’impression d’avoir encore perdu ou gagné quelque chose sur ce chemin.
Oui entends-moi bien :
Accepte de te dénuder de ce désir d’accumuler des expériences, de ce désir d’obtenir quelque chose de tous tes efforts.
Il ne s’agit pas de gagner,
ni d’accumuler,
ni de réussir,
il s’agit de perdre la totalité de ce que tu crois avoir,
de perdre la totalité de ton monde,
de lâcher tout ce que tu crois tenir.
La condition humaine c’est de porter la vie, d’en faire une affaire personnelle, une réalisation, un devenir.
La quête spirituelle récupère ce même mouvement et devient quelque chose à réussir.
Comme c’est lourd et épuisant !
Comme c’est difficile !
N’en as-tu pas marre ?
Tant que tu n’en auras pas assez marre, tu vas continuer.
Il faut parfois aller au bout de l’absurdité.
Essayer encore et encore de réussir cette quête, d’arriver quelque part, d’accumuler les expériences.
Mais un jour, tu ne pourras plus faire autrement, tu va revenir à plus d’humilité et reconnaitre profondément la vérité :
Tu ne tiens rien,
Tu ne possèdes rien,
Il n’y a rien à réussir,
Tu es déjà nu devant la vie.
Et en réalité c’est cela que ton cœur désire le plus : reconnaitre cette nudité de ton être.
C’est dans cette nudité que nous pouvons faire le don de nous-même au vivant que nous sommes.
Et nous laisser porter par son libre mouvement.
Alors ami chercheur, acceptes-tu de ne plus rien accumuler ?
De te délester de ce que tu crois avoir acquis ?
Et de te montrer dans ta plus intime vulnérabilité ?
Dans ta plus totale nudité ?
Tu te rencontreras alors dans ta plus profonde humanité.

PSAUME 6


"Yahweh, ne me punis pas dans ta colère, et ne me châtie pas dans ta fureur. Aie pitié de moi, Yahweh, car je suis sans force; guéris-moi, Yahweh, car mes os sont tremblants. Mon âme est dans un trouble extrême; et toi, Yahweh, jusques à quand?
Reviens, Yahweh, délivre mon âme; sauve-moi à cause de ta miséricorde. Car celui qui meurt n'a plus souvenir de toi; qui te louera dans le schéol?
Je suis épuisé à force de gémir; chaque nuit ma couche est baignée de mes larmes, mon lit est arrosé de mes pleurs.
Mon oeil est consumé par le chagrin; il a vieilli à cause de tous ceux qui me persécutent.
Eloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal! Car Yahweh a entendu la voix de mes larmes.
Yahweh a entendu ma supplication, Yahweh accueille ma prière.
Tous mes ennemis seront confondus et saisis d'épouvante; ils reculeront, soudain couverts de honte." Psaume 6

mardi 26 septembre 2017

LE COEUR SOLITAIRE


« Quelle est la prière du cœur solitaire ? »
Je réponds que le détachement et le vide ne peuvent absolument pas prier,
car quiconque prie désire obtenir quelque chose de Dieu :
quelque chose à ajouter […] ou quelque chose à retrancher.
Mais le cœur qui est détaché n’a aucun désir pour quoi que ce soit,
il n’a rien de quoi être délivré.
Aussi n’a-t-il aucune prière ;
sa seule prière consiste à être un avec Dieu.
Maître Eckhart, in : The Best of Meister Eckhart, ed. Halcyon Backhouse, New York, Crossroad, 1996, p. 96.

lundi 25 septembre 2017

LE SIGNE DE CROIX


Au nom du Père qui nous crée par amour.
Au nom du Fils qui nous porte avec amour.
Au nom de l’Esprit qui nous enfante à l’amour.

Extrait de mon texte paru dans le mensuel Panorama, Paris, septembre 2017.
JACQUES GAUTHIER

jeudi 14 septembre 2017

LA CROIX

Pourquoi la souffrance ?
Le regard du crucifié répond à la question du mal et de la souffrance par l’amour. Paul Claudel disait que Dieu n’est pas venu pour supprimer la souffrance, ni même pour l’expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence. Le Christ a remplacé par sa présence toute explication de la souffrance qui ne peut être que partielle, voire dérisoire.
Jésus n’a pas analysé la croix, il s’est étendu dessus. Le théologien jésuite François Varillon a parlé d’une souffrance en Dieu qui vient de son trop-plein d’amour qui n’est pas reçu par plusieurs de ses enfants qui s’éloignent ainsi de la paix véritable. « Quand l’amour renonce à la puissance qui imposerait sa loi, il s’expose au refus. Il y a une souffrance familière à l’homme et inconnue de Dieu : celle de se savoir insuffisamment aimant. Si Dieu souffre, c’est de trop aimer » (François Varillon, La souffrance de Dieu).
La croix dressée sur le monde n’épargne personne, puisque tous et toutes nous souffrons. Le 15 septembre, nous honorons Marie, associée à la souffrance de son fils, sous le vocable de Notre-Dame des douleurs. Elle accueille pleinement cette croix qui transforme la mort en vie. Comme son fils, elle est libre et elle nous accompagne dans l’épreuve.
Jésus donne sa vie librement, personne ne la lui prend. Il aime les siens jusqu’à la fin, faisant de la souffrance un chemin d’offrande. « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 46). Cette logique intime de la confiance est la signature même de notre Dieu. La mort ne pouvait pas retenir son corps glorieux.
Texte de J
acques  GAUTHIER

mercredi 13 septembre 2017

PRIERE POUR LES PERSECUTES


Ce n 'est pas pour moi que je fais cette prière,
Mais pour ceux de ma race,
Qui tendent, du fond deténèbres,
Leurs  mains  noires  pour réclamer du pain et du vin.

Moi, mon cœur est un païen insensé,
Mes pieds ne sont jamais en repos,
Mais donne-leur des foyers pour les réchauffer
Dans des demeures  au haut d'une colline.   (extrait)

samedi 9 septembre 2017

TEXTE DE PLATON

PLATON (347 av. J-C) :
« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire leurs enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte des paroles des pères, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves, et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au dessus d’eux, l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »

lundi 4 septembre 2017

ELOGE DU RIEN- TEXTE CHRISTIAN BOBIN


Je ne comprends pas très bien votre question. « Pourquoi faudrait-il un sens à nos jours? »
Pour les sauver?
Mais ils n'ont pas besoin de l'être.
Il n'y a pas de perte dans nos vies, puisque nos vies sont perdues d'avance, puisqu'elles passent un peu plus, à chaque seconde.
Un mot me gêne dans votre lettre. Ce mot de sens. Permettez-moi de l'effacer.
Voyez ce que devient votre question, comme elle a belle allure, à présent. Aérienne, filante:
"Qu'est-ce qui vous donne votre vie?" la réponse cette fois-ci est aisée : tout.
Tout ce qui n'est pas moi et m'éclaire.
Tout ce que j'ignore et que j'attends.
L'attente est une fleur simple. Elle pousse au bord du temps.
C'est une fleur pauvre qui guérit tout les maux.
Le temps d'attendre est un temps de délivrance.
Cette délivrance opère en nous à notre insu.
Elle ne nous demande rien que de laisser faire, le temps qu'il faut, les nuits qu'elle doit.
Sans doute l'avez-vous remarqué: notre attente -d'un amour, d'un printemps, d'un repos- est toujours comblée par surprise.
Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré.
Comme si la vraie formule d'attendre était celle-ci : ne rien prévoir sinon l'imprévisible.
Ne rien attendre sinon l'inattendu.
Ce savoir là me vient de loin.
Ce savoir qui n'est pas un savoir, mais une confiance, un murmure, une chanson....


Christian Bobin,

Éloge du rien

dimanche 13 août 2017

CITATIONS DU PETIT PRINCE- SAINT EXUPERY


  • Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité.
  • Toutes les grandes personnes ont d’ abord été des enfants, mais peu d’ entre elles s’en souviennent.
  • Tu te jugeras donc toi-même, lui répondit le roi. C’ est le plus difficile. Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui.
  • Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’ existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis.
  • Il ne savait pas que, pour les rois, le monde est très simplifié. Tous les hommes sont des sujets.
  • L’ autorité repose d’ abord sur la raison. Si tu ordonnes à ton peuple d’ aller se jeter à la mer, il fera la révolution. J’ ai le droit d’ exiger l’ obéissance parce que mes ordres sont raisonnables.
  • Connaître ce n’est pas démontrer, ni expliquer. C’ est accéder à la vision.
  • On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
  • Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’ existe point de marchands d’ amis, les hommes n’ ont plus d’ amis.
  • C’ est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante
  • Tu es responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé
  • Qu’est-ce que signifie «apprivoiser»? C’ est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie «créer des liens…»
  • La fin d’une chose marque le commencement d’une nouvelle
  • Je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l’atteindre, où le rejoindre… C’est tellement mystérieux le pays des larmes !
  • Apprivoise-moi ! Que faut-il faire ? dit le petit prince. Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus.
  • Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde
Vous étes invités à reproduire cet article en incluant le nom de l’auteur, un lien vers la source original
et la mention :
 » Article trouvé sur Les Mots Positifs.com« .

vendredi 11 août 2017

PRIERE DU PADRE PIO


Ô mon Jésus qui avez dit : « en vérité, en vérité je vous le dis, demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et il vous sera répondu, voilà que je frappe, je cherche, et je demande la grâce de …. Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en Vous ! Ô mon Jésus qui avez dit : en vérité, en vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Père en mon Nom, Il vous l’accordera. Voici qu’à votre Père en votre Nom, je demande la grâce de … Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en Vous ! Ô mon Jésus, qui avez dit : en vérité je vous le dis, le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point ! Voici que, m’appuyant sur l’infaillibilité de vos saintes paroles, je demande la grâce de … Notre Père, je vous salue, Gloire au Père Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en Vous !

Stephen Hawking et la Théorie du Tout — Science étonnante # 2

PRENDRE LE TEMPS

Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les choses de tous les jours et les voir autrement.
Ces choses que chaque matin je croise sans voir.
Toutes ces choses familières que je côtoie à longueur de jour, de mois, d’année…
Je vais prendre le temps de voir l’étrangeté des arbres, ceux de mon jardin, ceux du parc voisin qui, le crépuscule venu, bruissent de mystère…
Je vais prendre le temps de poser mon regard sur les êtres que j’aime, de regarder autrement les miens, celles et ceux qui me sont le plus proches et que, parfois, je ne vois même plus, je n’entends même plus, tant le souci de mes affaires, de mon travail parasite mon cœur et mon corps…
Oui, je vais prendre le temps de les découvrir de me laisser surprendre encore et toujours par ceux que j’aime…
Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi,
toi mon Dieu, au-delà des mots, des formules et des habitudes.
Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert et tu me surprendras, mon Dieu.
Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer autrement.
Robert Riber, « Je vais prendre le temps », Fenêtres ouvertes, Les Presses d’Île-de-France, coll. Mille Textes, 1996.

samedi 5 août 2017

DU BLOG DE JACQUES GAUTHIER

« Dieu se laisse déloger du monde et clouer sur la Croix. Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide ». (Bonhoeffer)
La montagne de la transfiguration nous prépare à escalader celle du Golgotha. Y a-t-il transfiguration sans « défiguration » ? Au Calvaire, le défiguré est aussi le transfiguré. Mystère de la souffrance liée à la gloire, de la croix nouée à la joie, de l’épreuve acceptée par amour où le Ressuscité transforme tout en grâce.
Prière
Jésus, le plus beau des enfants des hommes,
en qui habite la plénitude de la divinité,
tu es transfiguré sur la montagne
pour nous affermir dans notre foi
avant les horreurs du Calvaire,
soutiens-nous quand l’épreuve nous frappe
pour ne voir que toi seul.
Jésus, miroir sans tache de la bonté du Père,
en qui il trouve toute sa joie,
tu es transfiguré entre Moïse et Élie
pour que nous écoutions ta parole
et le grand silence de ta Passion,
regarde-nous comme le bon larron
pour ne voir que toi seul.
Jésus, resplendissement de la gloire du Père,
en qui nous sommes ses enfants bien-aimés,
tu es transfiguré dans la nuée lumineuse
pour nous transformer dans ton Esprit
et nous aider à surmonter le scandale de la croix.
Laisse transparaître ta clarté sur nos visages
pour ne voir que toi seul.
Article paru dans Prions en Église Canada, 6 août 2017, p. 31-33.

Christian Bobin - Un bruit de balançoire

TEXTE DE JEAN VANIER

Nous, les humains, sommes un mélange
de présence de Dieu et d’absence de Dieu,
de lumière et de ténèbres,
de vérité et de chaos,
de bien et de mal,
d’ouverture et de refus.
Aucun être humain n’est saint ou pur de lui-même.
Nous ne devenons saints que par la sainteté de Dieu.
[…] Cette sainteté n’est pas quelque chose
que nous pouvons atteindre ; elle est donnée
en réponse à la prière de Jésus :
« Sanctifie-les dans la vérité. »
[ …] Nous sommes tous appelés à être des saints.
Être saint, c’est être assez pauvre pour accueillir Jésus.
La sainteté est pour ceux
qui vivent une vie ordinaire, qui peuvent se sentir seuls,
et qui posent de petits gestes de tendresse et d’amour.
Elle est pour tous ceux
qui sont âgés, malades, faibles, vulnérables, sans travail,
qui ouvrent leur cœur à Jésus, dans la confiance,
et crient : « Viens, Seigneur Jésus, viens ! »
Jean Vanier, extrait de : Entrer dans le mystère de Jésus. Une lecture de l’Évangile de Jean, Ottawa, Novalis – Paris, Bayard, 2005.

vendredi 4 août 2017

LA FOI ET LES GRANDS- MERES


Il y a une chose que ma grand-mère n’a jamais su: elle n’a jamais su qu’il y avait des « théologiens ».  Si elle l’avait su et qu’elles les avait écoutés, elle les aurait envoyés d’un petit sourire se chercher un travail, si elle ne leur avait pas elle-même mis dans les mains cette bêche, ora et labora, qu’elle maniait si souvent.  A moins d’être au minimum Ratzinger, on ne s’auto proclame pas théologien.  Mais il se fait que certains se sont improvisés « théologiens » du jour au lendemain, qu’ils ont formé des petites paroisses, des diocèses, des provinces, des régions, chacun avec sa propre théologie qui,à y regarder de plus près, n’est pas sans rappeler le genre de chose que l’on peut lire sous la plume des commentateurs dans les éditoriaux des journaux libéraux à la mode ou carrément dans les traités d’hydraulique.
Quand la médiocrité se fait théologie, elle provoque l’ennui.  L’ex-président italien Cossiga a un jour dit ceci: « si l’excès de doctrine ne fait pas le saint, le manque de doctrine fait l’hérétique et l’hérétique est toujours une personne sans fantaisie et ennuyeuse car l’ennui est la mère de toutes les hérésies. »  Le problème d’une certaine Europe du Nord, qui fut  autrefois chrétienne, c’est moins le manque de doctrine que le manque de fantaisie, l’absence de cette sainte levitas qui caractérise à elle seule les géants de la foi, par conséquent le problème de l’Europe du nord c’est l’ennui, la mère de l’hérésie.  Il faut en revenir aux grand-mères.
Le problème de la foi, c’est la disparition des grand-mères

Membres

Archives du blog