mardi 2 avril 2013

BEAU TEXTE - RUYSBROUCK-13 SIECLE

Toi qui habites en moi


Toi qui habites en moi,
avec la force d’une source jaillissante, pleine d’eau pétillante et vivifiante,
J’ai à ma grande honte et à mon détriment, réussi, année après année ,à collectionner des pierres avec lesquelles je t’ai enseveli.
Il me faut te redécouvrir en moi, creuser dans mes couches les plus profondes, nettoyer à fond mon visage couvert de poussière depuis tant d’années.
Là où tu résides en moi, tu as dessiné ton visage.
Quand parviendras-tu à nouveau, à faire rayonner de joie ton visage au fond de mon être ?
Emmène-moi au plus profond de moi, ne cesse jamais de frapper à ma porte, car mes oreilles aussi sont devenues sourdes…Ne cesse pas de briller dans la nuit, car l’aveuglement de mes yeux est presque total…
Viens, libère mon véritable visage, rends-moi beau.
Fais de moi ton bien-aimé.
Je ne peux plus me passer de toi qui habites au fond de moi,
Source d’amour jaillissante, Eau qui fais vivre !
Viens, vis et exprime toi en moi !

(Guillaume de Ruysbrouck, franciscain du 13ème siècle)

lundi 1 avril 2013

LES "PEOPLE" ET LE SAINT

Le saint, c'est quelqu'un qui ose être lui-même ou elle-même. Il refuse de se conformer, de chasser avec la bande et de courir avec la foule. La vertu, c'est la laborieuse naissance d'un individu. Le héros de Iris Murdoch, dans Les soldats et les nonnes, dit : "Nos vices sont généraux, sans intérêt, la boue ordinaire et infecte de la mesquinerie humaine et de la lâcheté et de la cruauté et de l'égoïsme; et même quand ils sont extrêmes, ils sont tous pareils. C'est seulement dans nos vertus que nous sommes originaux. Les vices sont généraux, les vertus sont particulières."[2] Pourquoi nous réfugions-nous dans ces identités toutes faites ? Parce que, tels que nous sommes, nous avons peur de ne pas être aimables. Un saint, c'est quelqu'un qui prend ce risque. C'est aussi pourquoi l'imagination chrétienne dévoile l'universel à travers le prisme de l'individuel, du particulier, et en ce cas-ci à travers des moines particuliers. Une communauté, contrairement à une bande ou à une foule, c'est précisément ce qui nous aide à vivre ensemble comme individus.
Timothy Radcliff-dominicain

MARIE NOEL- VIDEO

MARTHE ET MARIE - MARIE NOËL

ARCABAS

Marthe, l'aînée a vécu tant
Trimé si dur et si longtemps
Qu'elle a perdu jambes et bras
Et gît oisive entre les draps
As-tu préparé le repas Marie?

Marie Noël -petit extrait
 
                                   

CREPUSCULE -POEME DE MARIE NOEL


CREPUSCULE

L'heure viendra
l'heure vient, elle est venue
où je serai l'étrangère en ma maison.
Où j'aurai sous le front  une ombre inconnue
Qui cache ma raison aux autres raisons.

Ils diront que j'ai perdu ma lumière
Parce que je vois ce que nul oeil n'atteint.
La lueur d'avant, mon aube la première.
Et après mon soir le dernier qui s'éteint

Ils diront que j'ai perdu ma présence
parce que attentive aux présages épars
Qui m'appellent de derrière ma naissance
j'entends s'ouvrir les demeures d'autre part.

Ils diront que ma bouche devient folle
Et que les mots n'y savent plus ce qu'ils font
parce qu'au bord du jour pâle
mes paroles sortent d'un silence
insolite et profond.

Ils diront que je retombe au septième âge
qui n'a pas encore appris la vérité
Des ans clairs et leur sagesse de passage
parce que je retourne à l'Eternité
Marie Noêl
Une grande poétesse!

BERCEUSE POUR L'ELUE NAISSANTE-MARIE NOÊL


Berceuse pour l'élue naissante
Marie Noël

Dors, Ame, pleure encore un peu
Puis dors...au paradis de Dieu
Toute à mes bras abandonnée
Pleure et dors, ô Nouvelle née

Coeur trop fragile, coeur trop petit
Tu grandiras au Paradis.
Dors ....en dormant
Ame aux yeux purs
Ange qui n'es pas encore mûr
Tu croîtras, tu deviendras belle
Dors tu n'auras plus mal aux ailes

Coeur trop frêle,coeur trop petit
Tu grandiras au Paradis.

Dors...tu n'auras plus mal un jour
A ta doucur, à ton amour
Tous seront quand tu seras grande
Grand ton coeur, grande son offrande
Coeur trop frêle, coeur trop petit
Tu grandiras en Paradis

Si la terre te trahit
Dors ce n'était pas ton pays.
Le temps qui promet et qui leurre
Dors ce n'était pas ta demeure
Coeur trop frêle,coeur trop petit.
Tu grandiras en Paradis...

MARIE NOËL
Quel beau poème d'une grande poétesse !

NOS PEURS Et JESUS MARCHE SUR LES EAUX



JESUS MARCHE SUR LES EAUX

Il n'a pas peur
Il n'a pas peur de l'eau
Il n'a pas peur de l'autre
Il n'a pas peur des mots
 il n'a pas peur des autres
Il n'a pas peur  de la peur
Il marche sur les eaux comme s'il marchait sur la peur
comme s'il marchait sur des monceaux de peurs.
la peur de s'enfoncer, la peur de tomber au fond.
la peur de se noyer, la peur de tout, la peur de rien..
La peur du noir, la peur d'aimer, la peur de disparaître
la peur de mourir... la peur de l'avenir.
Il marche sur les eaux.
Il marche sur la peur et tous ses complots
et sur tous ses couteaux.
Il a englouti la peur dans le cachot de l'eau.
il marche sur les eaux comme s'il marchait sur la mort
en l'enfonçant dans le caveau de l'eau
comme s'il piétinait la mort et ses derniers sursauts.
++++++++++++++
Il marche sur les eaux pour nous ressusciter
Il marche sur les eaux comme s'il sortait de son tombeau
comme s'il se levait de son berceau
comme s'il était un oiseau
+++++++++++
ET TOI ET TOI COMMENT MARCHES-TU
SUR LES EAUX ?
Raconte-nous comment tu as fait la dernière fois
où toi aussi tu as marché sur les eaux

JD-Quinze gestes de Jésus-Collection Okapi

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